SCÈNE II. 555 TiMOM
De plusieurs dettes? D'où êtes-vous?
CAPHIS.
D'Athènes, monseigneur.
TIMON
Allez trouver mon intendant.
CAPHIS.
Ne déplaise à votre seigneurie, il m'a remis tout le mois de jour en jour pour le paiement. Un besoin pressant force mon maître à demander son argent ; il vous supplie d'écouter vos senlimens généreux, et de lui rendre ce qui lui est dû.
TIMON
Mon honnête ami , revenez demain matin , je
vous en prie.
CAPHIS.
Mais, mon bon seigneur...
TIMON
Allons, cessez, mon bon ami.
VARRON
Un esclave de Varron, mon bon seigneur...
ISIDORE
C'est de la part d'Isidore ; — il vous prie humblement de le rembourser à l'instant.
CAPHIS.
Monseigneur, si vous connaissiez quel est le besoin de mon maître....
VARRON
Le terme est échu , monseigneur, depuis plus de six semaines.
ISIDORE
Votre intendant me renvoie toujours, monseigneur, et mes ordres sont de m'adresser aujourd'hui directement à vous.
TIMON
Laissez-moi respirer. — Je vous en prie, mes bons seigneurs , allez toujours devant ; je vous rejoins tOUt à l'heure. ( Atcibl.d. «t le* entra «rient. - A
Fiaviu*.) Approchez; que signifie tout cela? Pourquoi me vois-je arrêté par des créanciers qui viennent m'étourdir de demandes, de billets manques, de paiemens différés si long-temps et sollicités en vain ? pourquoi tous ces affronts à mon honneur ?
FLAVIUS
Messieurs, avec votre permission, vous prenez tous fort mal votre temps avec vos affaires; ne nous importunez plus; attendez après le dîner;
TIMON D'ATIIÈNKS.
donnez-moi le temps d'expliquer an seigneur Timon pourquoi tous n'avez pas été payés.
TIMON
Oui, mes amis, attendez. Ayez soin de les satisfaire et de les bien traiter.
(Timon tort.)
FLAVIUS
Écoutez-moi, je vous prie.
( n.riu. «on.)
(Entrant Apemtntm et an fou.)
CAPHIS.
Restez, restez; voici le fou qui vient avec Apemantus; amusons-nous un momeut a les entendre.
VARRON
Qu'il aille se faire pendre ; il va nous injurier.
ISIDORE
Que la peste étouffe ce chien !
VARRON
Comment te portes-tu , fou ?
APEMANTUS.
Parles-tu à ton ombre?
VARRON
Je ne te parle pas.
APEMANTUS.
Non ; c'est à toi-même. ( a* r^.) Allons-nous-en.
ISIDORE k Varron.
Voici le fou qui déjà s'attache à ton dos.
APEMANTUS.
Non, tu n'y es pas encore: tu es encore seul.
CAPHIS.
Où est donc le fou ?
II vient de le demander tout à l'heure. — Pauvres misérables, valets d'usuriers ! Infâmes, vivant enu-e l'or et le besoin !
TOUS
Que sommes-nous, Apemantus?
APEMANTUS.
Des ânes.
TOUS
Pourquoi?
APEMANTUS.
Parce que vous me demandez ce que vous êtes, et que vous ne vous connaissez pas vous-mêmes.' — Parie-leur, fou.
LE POU
Messieurs . comment vous portez-vous?
TOUS
Grand merci , bon fou. One fait ta auto»
LE FOU
Elle est occupée à échauder (1) des comme vous. Je voudrais vous voir à Ooriaih? ;;. APEMANTUS.
Bon , courage !
( Eitr* n ytçi.
LE POU
Voyez, voici le page de ma maîtresse.
LE PAGE ai fin.
Eh bien, capitaine, que laitcs-voDs me « sage compagnie 7 — Comment te portmu, ipemantus?
APEMANTUS.
Je voudrais que ma langue fût un bltoo.p» te répondre d'une manière utile.
LE PAGE
Je te prie, Apemantus, lis-moi l'adresse^ ces lettres, je n'y connais rien.
APEMANTUS.
Tu ne sais pas lire?
LE PAGE
Non.
APEMANTUS.
Nous ne perdrons donc pas un savantquarin seras pendu. — Celle-ci est pour le seigneur limon, l'autre pour Alcibiade. Va, tu naquis 1»lard, tu mourras maquereau.
LE PAGE
Ta mère fut une chienne, et tu nwnmj^ faim comme un chien. Point de réplique. J<« parti.
[Il K.a
APEMANTUS.
C'est nous rendre le plus grand service.— Foc, j'irai avec toi chez le seigneur Timon.
LE FOU
Me laisseras-tu la ?
APEMANTUS.
Si Timon est chez lui. — Vous êtes là trois p servez trois usuriers.
(1) Allusion à an mal honteux.
(2) Nom général pour désigner un lieadeprostittti* Corinthe éult une des villes de la Grèce les pi» *■*'* lues. Corinthi tuper mille pnutUuùr i» 1 * neri» aesidua digère, et inflammata libidinti*,:* meretrieio operam dore , et velut taennm mK>r' dea famulari tolebant.
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