‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 609 sur 689 · TOU · texte numérisé non relu

TOU

Oui, fou.

LE FOU

Je pense qu'il n'y a point d'nsuriersqui n'aient un fou pour serviteur. Ma maîtresse est une usurière, et moi je suis son fou. Quand quelqu'un emprunte de l'argent à vos maîtres , il vient les trouver tout triste, et s'en retourne gai. C'est tout le contraire chez ma malycsse : on est joyeux quand on entre , et l'on en sort tout triste. Ditesmoi la raison de cela.

VARRON

Je puis vous en donner une.

LE FOU

Parle donc , afin que nous puissions te regarder comme un agent d'infamie et un fripon. Va , tu n'en seras pas moins estimé.

VARRON

Qu'est-ce qu'un pareil agent, fou.

LE FOU

C'est un fou bien vêtu , c'est quelque chose qui te ressemble, c'est un protée : quelquefois il paraît sous la figure d'un seigneur, quelquefois sous celle d'un légiste ou d'un philosophe. Souvent il ressemble à un guerrier; enfin cet esprit rode sous toutes les figures que l'homme peut avoir, depuis quatre-vingts jusqu'à trente.

VARRON

Tu n'es pas tout à fait fou.

LE FOU

Ni toi tout à fait sage : ce que j'ai de plus en folie , tu l'as de moins en esprit.

VARRON

Tu aurais pu avec raison faire cette réponse i

Place, place : voici le seigneur Timon.

( Rentrent Timon et FUtiuj.) APEMANTUS.

Fou, viens avec moi, viens.

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