‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 620 sur 689 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

lucuts.

Je pense que le même objet nous y amène tous ; te mien, c'est de l'argent.

TITUS

C'est le leur à tons, et le mien aussi.

(Entre Pbilolw.)

Et le seigneur Pbilotus aussi sans doute ?

PniLOTDS.

Je tous donne le salut à tous.

Sois le bien-venu, camarade. Quelle heure croyez-vous qu'il soit?

PHILOTUS.

Le temps court après neuf heures.

Déjà?

PHILOTUS.

Et le seigneur de céans n'est pas encore visible?

Pas encore.

PHILOTUS.

Cela m'étonne; il avait coutume de se montrer brillant comme le soleil dès sept heures du matin.

Il est vrai ; mais le flambeau de ses beaux jours est bien obeurci. Faites attention que la course de l'homme prodigue est radieuse comme celle du soleil; mais elle ne se renouvelle pas toujours comme celle de l'astre. Je crains bien que l'affreux hiver ne soit dans le fond de la bourse de Timon; je veux dire qu'on peut y enfoncer la main bien avant, et n'y pas trouver grand'monnaie.

PHILOTUS.

J'ai la môme crainte que vous.

TITUS

Je veux vous faire faire une remarque assez étrange : votre maître vous envoie chercher de l'argent?

HORTENSIUS

Rien n'est plus vrai.

TITUS

Et il porte maintenant les bijoux que lui a donnés Timon, et pour lesquels je viens aussi , mot, demander de l'argent.

HORTENSIUS

C'est contre mon cceur.

TITUS

Ne paraît-il pas bien étrange que Timon , en cela, paie plus qu'il ne doit? Cest comme» votre maître envoyait demander le prix des bijoux

HORTENSIUS

Les dieux me sont témoins combien ce message me pèse. Je sais que mon maître a eu une riche part aux largesses de Timon ; cette ingratitude est plus criminelle que s'il les eût volées.

VARRON

Oui. — Mon billet à moi est de trois mille couronnes; et le votre?

De cinq mille.

VARRON

Cest une somme énorme, et qui fait voir que la confiance de Timon pour votre maître surpassait ou égalait du moins celle qu'il avait pour le mien ; autrement les deux sommes seraient égales.

TITUS

Voilà un des serviteurs du seigneur Timon. LUCIUS.

Flaminius ! Holà , on mot : le seigneur Timon va-t-il bientôt paraître?

FLAMINIUS

Non, pas encore.

TITUS

Nous l'attendons; je vous prie de l'en prévenir.

PLAHINIUS.

Il n'est pas nécessaire ; il sait bien que vous n'êtes que trop ponctuels.

( Entre Fltr.a. , le TtMge ceebé dut «on aentoea. )

Ah ! n'est-ce pas là son intendant que nous voyons ainsi affublé? Il s'enfuit, enveloppé de sou manteau comme d'un nuage. Appelez-le , appelez-le.

Flavius! Flavius! entendez-vous?

VARRON

Avec votre permission , seigneur. . .

FLAVIUS

Mon ami , que voulez-vous de moi?

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