I.l'ClUS
Oui , mais cette réponse ne sera pas acceptée.
FLAVIUS
Acceptée ou non , vous êtes de vils esclaves de maîtres fripons.
(Ilaort.)
VARRON
Que murmure donc là sa seigneurie cassée aux gages?
TITUS
Eh , que nous importe ? Le voilà pauvre , et nous sommes assez vengés. Qui a plus droit de parler librement que celui qui n'a pas un toit où loger sa tête? Il lui est permis de se moquer des superbes édifices.
( Batrt SmUin*. )
TITUS
Oh , oh ! voici Servilius ; nous allons avoir une réponse.
SERVILIUS
Si j'osais vous conjurer, messieurs, de revenir dans quelque autre moment , vous m'obligeriez beaucoup; car, sur mon ame, mon maître est dans un étrange abattement; il est privé de toute consolation; sa santé est très dérangée; il est obligé de garder la chambre.
LUGIUS.
Tous ceux qui gardent la chambre ne sont pas malades. D'ailleurs, si la santé de Timon est en si grand danger, c'est, ce me semble, une raison de plus pour payer promptement ses dettes , afin de s'aplanir la roule vers les dieux.
SERVIUUS.
Bons dieux !
TITUS
Nous ne pouvons pas nous contenter de ctte réponse.
FLAMINIUS , dans riai*ri«rd«U ■•fcwo.
Servilius! Au secours! — Mon maître! mou maître!
( Bntre Timoa en forevr. * TIMON.
Quoi! mes portes aussi me ferment-elles le passage? Quoi! j'aurai toujours été libre, et ma maison sera devenue l'ennemie de ma liberté , la prison funeste de son maître ! — La salle où f ai donné des festins montre-t-elle maintenant à son maître, comme toute la race humaine, un cœur de fer?
Allons, approche, commence, Titus.
TITUS
Monseigneur, voilà mon billet.
Voici le mien.
VARRON
Et le mien , monseigneur.
CAPHIS.
Et les nôtres , monseigneur.
PHILOTUS.
Voilà aussi nos billets.
TIMON
Assommez-moi avec eux. — Étouffez- moi.
Lt'CIUS.
Hélas, monseigneur!...
TIMON
Coupez , monnayez mon cœur, pour vous payer.
TITUS
Le mien est de cinquante talens.
TIMON
Dis à mes veines de te donner mon sang. luqus.
Cinq mille couronnes , monseigneur.
TIMON
Cinq mille gouttes de mon sang pour tes payer. — Et le votre? — Et le vôtre?