‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 646 sur 689 · TIMON D'ATHÈNES. — ACTE V, SCÈNE YI · texte numérisé non relu

TIMON D'ATHÈNES. — ACTE V, SCÈNE YI

talion , de réveiller dans le coeur de Timon dénaturé l'amour d'Athènes, en uî pr< mettant d'effacer l'iujure qu'il en avait reç/ie. Nous n'avons pas tous été c uels, nous ne méritons pas tous d'être enveloppés dans la ruine Lénérale.

PREMIER SÉNATEUR

Ces murs n'ont point été élevés par les mains de ceux qui t'ont offensé ; et ton injure n'est pas si grave, qu'il faille détruire ces tours superbes, ces brillans trophées, et ces illustres académies, pour punir leur faute personnelle.

DEUXIEME SENATEUR

Les auteurs de ton exil ne vivent plus : la honte et le désespoir d'avoir manqué de prudence a brisé leurs cœurs. Noble Alcibiade , entre dans notre cité tes enseignes déployées ; et, si la soif de la vengeance t'acharne sur une pâture que la nature abhorre, prends sur les habilans la dîme de la mort , et que le malheureux marqué par le sort périsse.

PREMIER SÉNATEUR

Nous n'avons pas tous été tes ennemis; il n'est pas juste de venger sur les vivans le crime des morts : le crime n'est pas héréditaire comme un champ. Ainsi, cher concitoyen, fais entrer tes troupes; mais laisse ta colère hors des remparts, épargne Athènes , ton berceau ; épargne tes parens; ils vont périr avec ceux qui t'ont offensé, si tu n'écoutes que ta fureur. Entre , comme le berger, dans le parc ; sépare les brebis saines, et tue le* brebis infectées ; mais n'égorge pas tout le troupeau.

DEUXIEME SÉNATEUR

Quel que soit ton but , tu y parviendras plutôt par la douceur que par l'épée.

PREMIER SÉNATEUR

Frappe seulement du pied nos portes fortifiées, elles vont s'ouvrir. Envoie ton noble cœur devant les pas annoncer que tu entres au nom de l'amitié.

DEUXIÈME SÉNATEUR

Jette ton gant, ou quelque autre gage de ta foi , qui nous assure que tu n'as pris les armes que pour te relever, et non pour nous renverser ; ton

armée entière restera dans la ville jusqu'au moment où nous aurons rempli tes désirs.

ALCIBIADE

Tenez , voilà mon gant , descendez , ouvrez vos portes ; vous me livrerez les ennemis de Timon et les miens. Eux seuls périront; et, pour dissiper vos frayeurs en vous déclarant mes nobles sentimens, pas un de mes soldats ne passera le poste que je lui aurai assigné. Si quelqu'un d'eux ose s'écarter des règles et du bon ordre dans l'enceinte de cette ville , les lois en feront une justice sévère.

DEUXIÈME SÉNATEUR

Sentimens généreux!

ALCIRIADE.

Descendez , et tenez votre promesse.

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LE SOLDAT

Mon noble général, Timon est mort ; il est euterré sur le rivage, tout près des flots. J'ai ttouTé sur son tombeau cette inscription que je tous apporte moulée sur la cire. Ces caractères attestent ma triste ignorance.

ALCIRIADE lit lépiupbe.

« Ci gît un corps malheureux , séparé d'une » ame malheureuse. Ne cherche pas à savoir mon > nom. Que la peste vous dévore tous, misérables » humains qui restez après moi ! Ci gît Timon . » qui détesta tous les hommes vivans. Passe et » maudis à ton gré ; mais n'arrête point ici ire » pas. >

Ces mots , Timon , expriment bien tes derniers sentimens. Tu avais en horreur la pitié des humains , et tu méprisais ces larmes stériles que U nature fait tomber de nos yeux ; et cependant une sublime idée t'inspira de faire pleurer à jamais le grand Neptune sur ta tombe pour de? fautes pardonnées. Puisque Timon est mort, lui dont la mémoire, plus illustre dans l'avenir... enduisez-moi dans votre ville , j'y vais porter l'olve et l'épée. La guerre enfantera la paix ; la paix contiendra la guerre ; l'une et FauUre se soignesMt mutuellement comme deux médecins. Que nos tamixxjrs battent. '

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FIN DU CINQUIÈME Ef DERMIER ACTE.

LE MARCHAND DE VENISE

PERSONNAGES

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