‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 675 sur 689 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

courais à tous et à Jessica , comme à Bassanio et a moi-même. Adieu , portez-vous bien , jusqu'au moment de nous réunir.

LORENZO

Puissiez-vous n'avoir que des pensées agréables et des momens heureux !

JESSICA

Je vous souhaite, madame, tout le bonheur que peut désirer un cœur.

PORTLA.

Je reçois vos vœux avec reconnaissance, et c'est avec plaisir que j'en fais de pareils pour vous. Adieu, Jessica. (Umu »t Je«k* iorunt.) Baltbazar, je t'ai toujours trouvé honnête et fidèle ; que je te trouve toujours de même. Prends cette lettre, et cours à Padoue (1) avec la plus grande diligence; remets-la en main propre au docteur Bcllario , mon cousin ; prends les habillemens qu'il te donnera, et porte-les, je t'en prie , avec la plus grande célérité , au lieu où Ton passe ordinairement la barque pour aller à Venise. Ne perds point de temps en discours; pars, je m'y trouverai avant toi.

RALTHAZAR.

Madame, je ferai toute la diligence convenable.

(Ilmt)

Approche, Nérissa ; je trame quelque chose que tu ignores. Nous reverrons nos maris avant «lu'ils s'y attendent.

NÉRISSA

Nous verront-ils?

Oui , Nérissa ; mais sous des habits qui leur feront penser que nous avons ce qui nous manque. Je gage tout ce que tu voudras que , quand nous serons déguisées en hommes, je suis le plus joli garçon des deux , et que je porterai ma dague avec plus de grâce que toi. Nous verrons qui prendra le mieux le ton et la voix grêle de l'enfant passé à l'adolescence, qui se donnera le mieux la démarche d'un homme. Je parlerai batailles comme un jeune fanfaron. Je dirai maints jolis mensonges ; combien de femmes d'un rang distingué ont recherché mon amour; combien mes refus en ont rendu malades; et combien en sont mortes. Je ne

(t) Padoue était l'école de toute l'Italie pour l'étude du droi* civil.

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