ACTE IV, SCÈNE I
le ciel. Oui , si deux divinités faisaient quelque gageure céleste, et que pour prix ils missent deux femmes de ia terre, et que Portia en fût une, il faudrait absolument trouver quelque autre enjeu pour remplacer l'autre ; car ce pauvre et chétif bas-raoudc n'a pas sa pareille.
LORENZO
Eh bien , tu as en moi un époux pareil à ce qu'elle est en épouse.
JESSICA
poilu.
LE D06E
Antonio est-il ici T
ANTONIO
P rét a paraître , dès qu'il plaira a votre grâce.
LE DOGE
J'en suis fâché pour toi. Tu as affaire à un adversaire inflexible comme le marbre, à un malheureux incapable de pitié , et dont le cœur n'a pas un grain de sensibilité.
ANTONIO
Je sais que votre grâce a pris beaucoup de peine pour tâcher de modérer la rigueur de ses poursuites; mais puisqu'il reste inexorable, et qu'il n'est aucun moyen légitime de me soustraire aux traits de sa haine, j'oppose ma patience à sa (urew\ Je suis armé de courage pour souffrir,
LOftEKEO.
Cest ce que je ferai incessamment ; mais d'à- Iwrd allons-dîner.
JESSICA
Allons, laissex-moi faire votre panégyrique, tandis que je suis en appétit.
LOKBNEG.
Non, réserve-le , je t'en prie, pour propos de table : une fols là , quoi que lu puisses dire , je le digérerai avec le reste.
JESSICA
Bien , je vais vous en servir.
(mtoru-t)
avec une arae tranquille , la cruauté et la rage de la sienne.
LE DOGE
Allez, et faites paraître le Juif devant la cour.
SALANIO.
H est à la porte ; monseigneur, il entre.
(Entre Shjloci.)
LE DOGE
Faites place : qu'il paraisse devant nous. — Shylock, tout le monde pense, et je le pense aussi, que tu ne feras que conduire par degrés jusqu'à son dernier terme ta bizarre méchanceté, et qu'alors ta clémence et ta pitié surpasseront la cruauté que tu affectes de montrer; qu'au lieu d'exiger la peine du billet (qui est une livre de chair de ce pauvre marchand), tu ne te contenteras pas seulement de te désister de tes prétentions