‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 102 sur 294 · ACTE I, SCÈNE IV. tSg · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. tSg

comme aHJourd'hiii , revêtu de tous les dons qui eu font un homme accompli, de corps et d'esprit.

LE FRANÇAIS

Moi , je l'ai vu en France ; et nous avions là plusieurs braves qui pouvaient fixer le soleil d'un oeil aussi ferme que lui.

Cette fortune d'avoir épouse' la fille de son roi , influe beaucoup, je n'en doute point, sur les récits qu'on fait de lui ; on l'apprécie d'après le prix de son amante, bien plus que d'après le sien.

LE FRANÇAIS

Et puis son bannissement

lACHIMO.

Oui , oui ; les suffrages des partisans de la princesse , qui, portant ses couleurs , se font un devoir de déplorer avec elle ce douloureux divoi'ce ; tout cela sert merveilleusement à exalter Postliumus. Car il faut bien soutenir Ihonneur du choix d'Imogène, dont sans cela le jugement ne brillerait guère d'être allé prendre pour époux un homme obscur et sans titre. Mais comment arrive-t-il , Philario , qu'il vienne s'établir chez vous? OLi votre liaison s'est-elle formée ?

PHILARIO.

Son père et moi nous avons fait la guerre ensemble , et je ne dois pas moins que la vie à son père, qui me l'a sauvée plus d'une fois. Le voici, notre Breton. {Posthumus parait.) Montrez-moi votre estime en le ti-aitant avec les égards que des

igo CYMBELINE,

gentilshommes aussi bieia élevés que vous doivent à un étranger de sa qualité. Je vous exhorte tovis à lier une plus étroite connaissance avec ce cavalier , je vous le recommande comme mon digne ami. Je veux lui donner le temps de montrer ce qu'il est, plutôt que de faire son éloge en sa présence.

LE FRANÇAIS, à PostUumus.

Seigneur, nous nous sommes connus autrefois dans Orléans.

POSTHUMUS

Oui , je vous demeurai redevable d'une foule d'attentions que ma reconnaissance n'acquittera jamais, même en s'acquittant sans cesse.

LE FRANÇAIS

Seigneur , vous enflez trop le prix d'un faible service. Je me félicitai de vous avoir réconcilié avec mon compatriote ; n'eiit-ce pas été , en effet , une chose déplorable , qu'on volis eût laissé poursuivre vos projets de mort pour une atTaire aussi légère , une bagatelle.

POSTHUMUS

Permettez , seigneur ; j'étais alors un jeune voyageur : j'évitais de m'en rapporter à mes propres lumières , aimant mieux me laisser guider par l'expérience des autres ; mais depuis , mon jugement s'est formé, soit dit sans offenser personne, et je ne trouve pas que la querelle fût aussi légère que vous le prétendez.

LE FRANÇAIS

D'honneur , elle l'était trop pour mériter d'être décidée par le fer , surtout enti'e deux braves dont

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