ACTE II, SCÈNE I. 2i
n'appartient pas à aucun des spectateurs de venir interrompre (') ses juremens, je crois.
SECOND SEIGNEUR
Non, seigneur, (à pari) ni d'y trouver à redire W).
CLOTEN.
Ce chien de bâtard ! — Moi ! lui donner satisfaction? Que n'est-il quelqu'un de mon rang?
SECOND SEIGNEUR, à part.
Il serait au rang des fous '■^'> !
Rien au monde ne m'impatiente autant. Peste soit de la grandeur ! je voudrais n'être pas noble comme je suis. On n'ose pas se battre avec moi, parce que je suis le fils de la reine : le dernier petit bourgeois est le maître de se battre à son plaisir, et moi , il faut que j'aille et vienne comme un coq dont on ne peut trouver le pair.
SECOND SEIGNEUR, à part.
Vous êtes à la fois un coq et un chapon , et vous chantez, coq, avec votre crête.
CLOTEN.
Que dites-vous?
PREMIER SEIGNEUR
Que votre altesse n'est pas faite pour se mesurer avec le premier venu qu'il lui aura plu d'insulter.
CLOTEN.
Non , certes : je sais cela, et il m'est bien permis d'offenser mes inférieurs.
2i4 CYMBELINE,
SECOND SEIGNEUR
Oui, cela ne convient qu'à votre altesse.
CLOTEN.
C'est ce que je dis.
PREMIER SEIGNEUR
Avez-vous entendu parler d'un étranger qui est arrivé de ce soir à la cour ?
Un étranger arrivé, et je n'en sais rien !
SECOND SEIGNEUR, 4 part.
Ah ! tu es toi-même un sot bien étrange ^^^ , et tu n'en sais rien non plus.
PREMIER SEIGNEUR
Oui , il y a un Italien d'arrivé ; on le croit un des amis de Léonatus.
CLOTEN.
De Léonatus, ce misérable banni ! Son ami en est un autre, quel qu'il soit. — Qui vous a appris l'arrivée de cet étranger?
PREMIER SEIGNEUR
Un des pages de votre altesse.
CLOTEN.
Me convient-il d'aller voir quel homme c'est? Le puis-je sans déroger?
SECOND SEIGNEUR
Déroger? Cela vous est impossible, seigneur.
CLOTEN.
Cela ne m'est pas aisé, je crois.