ACTE II, SCÈNE T. afS
SECOND COURTISAN, à part.
Vous êtes un imbécile , avoué tel : et tout ce qui vient de vous l'étant aussi, ne vous fait pas déroger.
Venez, je veux voir cet Italien : ce que j'ai perdu aujourd'hui aux boules, je le regagnerai la nuit avec lui. Venez, allons.
SECOND SEIGNEUR
Je vais suivre votre altesse ( Cloten sort avec le premier seigneur. ) — Comment une diablesse aussi rusée a-t-elle pu mettre au monde cet âne? Une femme qui renverse tout avec sa tête ; et un fils né d'elle, à qui on ne ferait pas comprendre qu'ôté deux de vingt, il reste dix-huit. — Hélas! Et toi, pauvre princesse , divine Imogène ! que ne souffrestu pas , pressée entre un père que gouverne ta marâtre , une mère qui trame à tout moment des complots, et un amant plus odieux pour toi que l'odieux exil de ton tendre époux ; — plus odieux que cet horrible divorce qu'il sollicite ! — Que le ciel prête son appui à ta vertu; qu'il affermisse le temple de ta belle âme, afin que tu puisses un jour posséder et ton époux banni et ce vaste royaume !
C H sort. )
2i6 CYMBELINE,