ACTE II, SCÈNE III
dire de vous ce qui peut vous en faire une ? — La princesse. • —
(Enlrolmogène.)
CLOTEN.
Bonjour, la plus belle des sœurs, laissez-moi prendre votre douce main.
IMOGEHE.
Salut , seigneur ; vous prenez beaucoup trop de peine pour ne recueillir que des refus ; les remercimens que vous aurez de moi, c'est de m'entendre vous dire que j'en suis très-avare et que je n'en ai pas de reste pour vous.
CLOTEM.
Cependant je vous aime , je vous le jure.
IMOGÈNE
Si vous me le disiez sans le jurer, cela aurait fait à peu près le même effet sur moi ; mais si vous vous obstinez à me le jurer toujours , le prix de vos sermens sera de voir que je n'y fais pas la moindre attention.
CLOTEN.
Ce n'est pas là une réponse.
IMOGÈNE
Mais je ne daignerais pas vous répondre , si je ne craignais que mon silence ne vous autorisât à dire que je cède à vosimportunitës. Laissez-moi en paix, je vous prie.- — A ne vous rien cacher, je répondrai sans plus de courtoisie à toutes vos plus tendres prévenances. Un homme de votre pénétration devrait apprendre enfin à se retirer quand on lui en fait tant de fois la leçon.