ACTE H], SCÈNE J
LUCIDS.
Je suis fâché , Cymbeline , d'avoii' à proclamer pour ton ennemi , Cësar Auguste , qui compte plus de rois à ses oi^dres que tu n'as d'ofliciers à ta cour. Au nom de l'empereur , je t'annonce la guerre et la ruine : prévois un orage auquel rien ne pourra résister. Après cette déclaration , je te rends grâces pour moi de l'accueil que j'ai reçu.
CYMBELINE
Tu es le bienvenu , Caïus ; ton César m'a fait chevalier; j'ai passé dans son camp une grande partie de ma jeunesse ; je reçus de lui Ihonneur : s'il cherche aujourd'hui à me le ravir, sa violence me fait un devoir de le défendre à toute extrémité. — Je suis bien informé que les Pannoniens et les Dalmatiens , pour maintenir leurs franchises , sont maintenant en armes. Si dans cet exemple les Bretons ne lisaient pas leur devoir , ils se montreraient insensibles; tels ne les trouvera pas César.
LUCIUS
C'est aux effets à le prouver.
CLOTEK
Sa majesté vous fait bon accueil : passez gaiement avec nous un jour ou deux, ou plus encore. Après, si vous revenez nous chercher dans d'autres intentions, vous nous trouverez dans notre ceinture de mers. Si vous nous en chassez , elle est à vous ; si vous échouez dans l'entreprise, nos corbeaux en feront meilleure chère à vos dépens , et tout finit là.
Tom. VII. ShaUpeari: l6
LUCIUS
Comme vous dites , seigneur.
CYMBELINE
Je connais les volontés de votre maître ; lui , les miennes. Il ne me reste plus qu'à vous dire : soyez le bienvenu.
(Us sortent.)