‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 147 sur 294 · ACTE m, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE IV

et empruntant de votre mieux tous les dehors d'un jeune homme de votre âge , vous présenter devant le noble Lucius, lui demander de l'emploi, lui dire quels sont vos talens : il les connaîtra bientôt si son oreille est sensible aux charmes de la musique. Je n'en doute point, il vous adoptera avec joie; car il est grand et, qui plus est, plein de vertu. Quant à vos ressources, vous me savez riche; je ne manquerai jamais à vos besoins prësens, ni à ceux de l'avenir.

IMOGÈNE

Tu es toute la ressource que les dieux me laissent. De grâce, ëloigne-toi : il y aurait encore bien des choses à considérer; mais nous suivrons le fil à mesure que le temps le développera : je me sens la force de cette entreprise , et je soutiendrai mon rôle avec le courage d'un prince. Séparons-nous, je te prie.

PISANIO.

Allons, madame , il faut nous faire de courts adieux : mon absence, si elle était remarquée, me ferait soupçonner d'avoir favorisé votre évasion de la cour. — Ma noble maîtresse , prenez cette boîte; je l'ai reçue de la reine , elle renferme un suc précieux : si la mer vous incommode, ou que sur teri^e c[ueîque défaillance vovis surprenne , une goutte de cette liqueur dissipera votre indisposition. Cherchez quelqu'ombrage , et allez vous revêtir de vos habits d'homme. Puissent les dieux vous guider et vous seconder !

IMOGÈNE. ■

. Ainsi soit-il. Je te remercie.

a6o CYMBELINE,

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