ACTE III, SCÈNE VI
IMOGÈNE, à pari.
Des amis! Ah ! si c'étaient mes frères ! que le ciel n'a-t-il permis qu'ils fussent les enfans de mon père ? ils seraient les héritiers de sa couronne, et alors le prix de ma personne eût été moins grand , et par-là plus en proportion avec ta fortune, cher Posthumus.
BÉLARIUS.
Il est tourmenté de quelque infoi-tune.
GUIDÉRIUS.
Que je voudrais l'en affranchir !
ARVIRAGDS.
Et moi aussi, quelle qu'elle fût, et quoi qu'il m'en coûtât de peines et de dangers. Dieux !
BÉLARIUS.
Ecoutez-moi, mes enfans.
(Il leur parle à l'oreille et s'éloigne d'eux. ) IMOGÈNE.
Des grands de la cour qui n'auraient pour palais que cette étroite caverne , qui seroient réduits à se servir eux-mêmes , et qui , renonçant à ces frivoles tributs de l'inconstante multitude, posséderaient la vertu qu'inspire une conscience pure, neserai-ent pas supérieurs à ce couple aimable. Pardonnez, grands dieux ! mais je voudrais changer de sexe , pour vivre ici avec eux , puisque Posthumus est perfide.
BÉLARIDS.
Nous en userons ainsi. — Allons apprêter notre gibier. — (lise rapproche avec eux d'Jmogène.) Beau jeune homme , entrons. La conversation fatigue
ToM. VII. Shakspearc. ib
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lorsqu'on est à jeun : après le souper , nous te demanderons ton histoire , et tu nous en diras tout ce que tu voudras.
GUIDÉRIUS.
Je te prie , entre avec nous.
ARVIRA.GUS.
La nuit est moins agréable au hibou, et le matin à l'alouette.
IMOGÈNE
Je vous rends grâces.
ARVIRAGUS.
Je t'en conjure , approche.
( Tous trois entrent dans la caverne. )