SCÈNE PREMIÈRE
Forêt près de la caverne.
Entre CLOTEN.
CLOTEN.
Me voici tout près des lieux où ils doivent se rejoindre , siPisanio m'en a donné la carte fidèle. Que ses habits me vont à merveille! Pourquoi ne m'iraitelle pas aussi bien , sa maîtresse , cjui fut faite par celui qui a fait le tailleur, etdautant plus (sauf le respect dû aux dames) que la femme, dit-on , va bien ou mal par caprice. Il faut c^ue sous ce déguisement j'en fasse l'épreuve. — J'ose me l'avouer tout haut à moi-même (car il n'y a pas de vanité à se parler avec son raii'oir , seul dans sa chambre ) , mon corps est aussi bien dessiné que celui de ce Posthumus : je suis aussi jeune , bien plus robuste ; je ne lui cède point en fortune ; j'ai l'avantage sur lui par les circonstances ; je le surpasse en naissance ; je le vaux bien dans les occasions générales , et je me montre mieux que lui dans les combats particuliers; cependant cette petite entêtée l'aime au mépris de moi!