‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 180 sur 294 · ACTE V, SCÈNE I. Soy · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I. Soy

les rendez ensuite odieux à eux-mêmes , pour l'exemple de ceux qui voudraient les imiter. Mais Imogène est à vous. Accomplissez vos décrets, et accordezmoi le bonheur de m'y soumettre. — Je suis entraîné dans ce camp au milieu de la noblesse italienne, pour envahir les états de ma princesse. Bretagne , c'est bien assez que j'aie égorgé ta souveraine. Rassure-toi , je ne te ferai plus d'autres plaies. Écoutez donc avec patience, dieux bienfaisans, mon nouveau dessein. Je veux me dépouiller de ces habits italiens, et me vêtir comme un villageois breton : c'est ainsi que je vais combattre contre le parti que j'ai suivi dans ces lieux. Ainsi je veux mourir pour toi, chère Imogène , pour toi dont le souvenir , chaque fois que je respire, me rend la vie une mort : sous ce déguisement inconnu, objet de pitié plutôt que de haine, j'affronterai les dangers en face. Je veux montrer aux hommes plus de valeur c[ue mes habits n'en promettront. Dieux ! rassemblez en moi toute la force des Léonatus pour faire rougir le monde et ses usages ; je veux être le premier à être plus grand par mon courage que par mes vétemens.

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