‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 186 sur 294 · PREMIER GEOLIER · texte numérisé non relu

PREMIER GEOLIER

Vous ne serez pas volé , car vous avez sur vous des cadenas; ainsi cherchez ici votre pâture.

SECOjSD GEOLIER.

Selon votre appétit.

(Ilssorlenl.) POSTHUMUS.

Captivité, je t'embrasse avec joie ! Tu m'ouvriras, je l'espère , une route à la liberté — Dans cette prison même, je suis plus heureux que celui qui a la goutte, puisqu'il aimerait mieux gémir éternellement que d'être guéri par la mort , le véritable médecin ! c'est elle qui est la clef qui doit m'ouvrir

ces fers Oh, ma conscience! tu portes des fers

plus pesans que ceux qui enchaînent mes jambes et mes bi^as. Vous, dieux pleins de bonté, accordez-moi le repentir, instrument qui pourrait soulever ces entraves, et alors je suis libre à jamais. — Mais me suffit-il de me repentir?... Oui , par le repentir les enfans apaisent leurs pères , et les dieux ont bien plus de clémence que les hommes. Pour me repentir, je ne puis être mieux qu'ici dans ces fers que j'ai cherchés moi-même. — Pour acquitter ma dette, je me dépouille de ma liberté; c'est mon

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plus grand bien; dieux! n'exigez pas de moi au delà de ce que je possède. Je sais que vous êtes plus pitoyables que les hommes, qui souvent ne prennent à leurs débiteurs obe're's qu'un tiers de leur bien , un sixième ou un dixième, et les laissent prospérer de nouveau avec la part dont ils leur font remise : ce n'est pas là mon désir. Pour la vie de ma chère Imogène , prenez la mienne. Elle n'est pas d'un si haut prix, mais c'est toujours une vie, qui porte votre sceau. Les hommes entre eux ne pèsent pas chaque pièce de monnaie. Daignez, si les miennes sont le'gèresde poids, les accepter pour l'empreinte, vous surtout à qui j'offre l'empreinte de votre propre image. Ainsi, puissances célestes, si vous l'agréez prenez ma vie; annulez ma dette. 0 Imogène! je veux te parler dans le silence du sommeil

(Il s'endort, )

^") (Une musique se fait entendre. Songe visible de Pogthumus. Sicilius Le'onatus, père de Poslhumus, apparaît sous la forme d'un vieillard, vêtu en guerrier. Il tient par la main son e'pouse , mère de Posthumus. Après des sons plus doux et plus tendres , paraissent les deux Le'onatus, frères de Posthumus, le sein de'couvert et offrant les tiessures dont ils pe'rirent à la guerre : ils font un cercle autour de Posthumus endormi. )

SICILIUS.

Cesse, maître du tonnerre; cesse de faire éclater ton courroux sur les frêles mortels.

Querelle le dieu Mars , ou réprimande Junon , qui compte tes adultères et s'en venge...

Mon malheureux fils n'a-t-il pas toujours fait le bien? Hélas ! je n'ai jamais vu ses traits !

Je quittai la vie , lorsqu'il reposait dans le sein maternel, attendant le terme marqué par la nature.

Jupiter, si tu es comme le disent les hommes , le

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