‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 185 sur 294 · ACTE V, SCÈNE III. 3i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. 3i

LE SEIGNEUR

Vous êtes en colère , adieu.

( Il sort. ) POSTHDMUS.

Et le voilà encore en course ! — Est-ce là un noble ? Oh ! noble lâcheté' ! Etre sur le champ de bataille et me demander, à moi, des nouYclles du combat ! Combien de ces grands auraient aujourd'hui donne' leurs titres pour sauver leurs carcasses! Combien ont confié leur salut à leurs talons , qui pourtant ont përi! Et moi, dans mes maux, comme environnéd'un charme '^''°), je n'ai pu trouver la mort où je l'entendais gémir, ni rencontrer son bras au milieu même des coups qu'elle frappait. Il est bien étrange que ce monstre horrible se cache dans les coupes de la joie, dans les lits de duvet, dans les douces paroles, et qu'il y trouve plus d'agens de sa fureur, cjue parmi nous qui tenons ses poignards à la guerre ! Hé bien , je saurai la rencontrer; maintenant, je ne suis plus Breton, je redeviens Romain, et me range du parti que j'avais suivi d'abord. Je ne veux plus combattre ; je me livre au premier lâche qui osera toucher mon épaule. — Le carnage qu'ont fait ici les Romains a été grand; la vengeance des Bretons doit l'être aussi. Pour moi , ma vie est ma rançon ; je suis venu l'offrir à l'un et l'autre parti. Je ne peux plus ni la garder ni la tiaîner plus loin ; je veux la finir par quelque moyen que ce soit, et mourir pour Imogène.

, ( Deux officiers breloos paraissent avec des solJats. )

PREMIER OFFICIER

Le grand Jupiter soit loué ! Lucius est piis. On a

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cru que ce vieillard et ses deux enfans étaient des

génies envoyés du ciel.

SECOND OFFICIER

Il y en avait un quatrième qu^i, sous un habit grossier, a rallié avec eux nos fuyards.

PREMIER OFFICIER

C'est ce qu'on dit; et l'on ne peut découvrir aucun d'eux. — Arrêtez ; qui s'avance là ?

POSTIIUMUS.

Un Romain qu on ne verrait point languissant

ici , si d'autres Romains l'avaient secondé.

SECOND OFFICIER

Saisissez-le; un odieux Romain ! Il ne retournera pas une seule de leurs jambes à Rome, pour lui annoncer à quels corbeaux ses enfans ont servi de pâture. — Il vante son service, comme s il était un guerrier de marque ; qu'on le mène devant le roi.

( Cymbeline s'avance entouré de Eelarius, Guidc'rius, Arvir.igus, Pisamo. Des soldais conduisent des prisonniers romains. Les deux officiers pre'sentent Postliumus -t Cymbeline, qui, d'un signe , donne ordre de le remettre à des geôliers, et sort ainsi que tous les autres (^'},

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