ACTE V, SCÈNE IV
dieu du tonnerre , dont la foudre , vous le savez, lancée des cieux , soumet la terre révoltée ! Frêles ombres, de rÉlysée , quittez ces lieux , et retournez £»oûter le repos sur les fleurs de vos plaines toujours vertes : ne vous affligez point des maux qui arrivent aux mortels : ce soin vous est étranger : c'est nous , vous le savez, nous seuls qu'il regarde. J'afflige l'homme que je chéris le plus, je diffère mes bienfaits pour les rendre plus précieux à ses yeux. Soyez tranquilles , notre puissance relèvera votre fils abattu.
Notre étoile souveraine a présidé à sa naissance, et c'est au pied de nos autels qu'il a juré la foi à son épouse : levez-vous , et disparaissez. Il sera l'époux et le possesseur de fillustre Imogène , et ses infortunes exalteront son bonheur. [Il fait un signe de tête, et laisse tomber un livre couvert en or.) Placez sur son sein ce livre où sont renfermés nos décrets et ses destins.
Evanouissez-vous. Cessez les clameurs de votre impatience, si vous ne voulez irriter la mienne. — Aigle, remonte dans mon palais de cristal.
( Jupiter remonte dans les cieux, ) SICIIJUS.
Il est descendu avec son tonnerre : son haleine céleste exhalait une odeur sulfureuse. L'aigle s'abaissait , comme voulant se poser sur nous. L'ascension du dieu remplissait l'air d'un parfum plus doux que celui de nos plaines fleuries. Son royal oiseau agitait son aile immortelle et fermait molle- I ment son bec , signe que son dieu était satisfait.
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