‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 191 sur 294 · TOUS ENSEMBLE · texte numérisé non relu

TOUS ENSEMBLE

Nous te rendons grâce , ô Jupiter.

SICILIUS.

Les portes de son palais céleste se ferment : il est entré sous ses voûtes radieuses : retirons-nous , et pour être heureux , exécutons avec soin ses ordres augustes.

( Postluimus s'éveille. — La vision s'e'vanouit. ) POSTHUMUS.

Sommeil , tu as été un grand-père pour moi, tu m'as rendu un père : tu m'as créé une mère et deux freines. Mais, ô vains prestiges, ils ne sont déjà plus! Ils sont évanouis aussitôt que formés ; et voilà l'état où je me réveille. — Les pauvres infortunés, qui s'appuient sur la faveur des grands, rêvent comme j'ai fait : ils s'éveillent et ne trouvent rien. — Mais, hélas ! je m'égare : il en est qui sans rêver à la fortune, et sans la mériter, se voient pourtant accablés de ses faveurs : c'est ce qui m'arrive, à" moi; je me vois favorisé de ce songe doré, et ne sais pas pourquoi me vient ce bonheur. Quels génies hantent ces lieux ? — Un livre , et d'un prix rare ! ( // s en saisit. ) Ah ! ne sois pas , comme dans notre monde capi^icieux, une écorce plus riche que ce qu'elk couvre. Ne ressemble pas à nos courtisans , et que tes bons services répondent à tes promesses. {Il louvre et lit.) (c Quand un lionceau à lui-même inconnu trouvera sans la chercher une créature légère comme l'air, et sera reçu dans ses bras ; lorsque les rameaux d'un cèdre auguste, coupés et morts pendant plusieurs années,

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