‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 213 sur 294 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

La côte de la mer.

VIOLA, UN CAPITAINE, suivi de matelots.

VIOLA

Amis , quel est ce pays ?

LE CAPITAINE

C'est riUyrie, madame. , '•■

VIOLA

Et que fei"ai-je en Illyrie? mon frère est dans l'Elysée. Peut-être cependant qu'un hasard l'aura sauvé du naufrage. Qu'en pensez-vous, matelots?

LE CAPITAINE

C'est par un hasard que vous avez été sauvée vous-même.

0 mon pauvre frère ! — Et il est possible aussi qu'un heureux hasard le sauve.

LE CAPITAINE

Cela est vrai , madame ; et pour augmenter votre confiance dans le hasard, soyez assurée que lorsque notre vaisseau s'est ouvert , au moment où vous et ces tristes restes échappés avec vous vous êtes attachés au bord de notre chaloupe, j'ai vu votre frère, plein de prévoyance dans le péril , se lier avec un art que lui suggéraient le courage et l'espoir à un mât qui surnageait sur les, flots : je l'y ai vu assis comme Arion sur le dos d'un dauphin, et allant de front avec les vagues , tant que mes yeux ont pu le suivre.

Pour prix de ce que vous venez de m'apprendre, tenez, recevez cet or. Mon propre bonheur me fait naître l'espérance ( et votre récit l'encourage ) qu'il pourra échapper aussi. Connaissez-vous ces contrées?

LE CAPITAINE

Oui, madame , très-bien ; car je suis né et j'ai été élevé à moins de trois lieues de cet endroit même.

Qui gouverne ici ?

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