‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 221 sur 294 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Appaitement de la maison d'Olivia.

MARIE, et LE PAYSAN BOUFFON.

MARIE

Allons , dis-moi où tu as été, ou je n'ouvrirai pas mes lèvres seulement de la largeur d'un crin de sanglier pour t'excuser ; ma maîtresse te fera pendre pour t'être absenté.

LE BOUFFON

Hé bien , qu'elle le fasse ; quiconque est bien pendu dans ce monde, n'a plus rien à redouter.

MARIE

Compte là-dessus. :

LE BOUFFON

Il ne voit plus personne à craindre.

MARIE

Bonne re'ponse de carême "^'^^ ! Je puis t'apprendre l'origine de ces mots : je ne crains plus de drapeaux.

LE BOUFFON

D'oii vient-il, bonne dame Marie?

MARIE

De la guerre ; et tu peux le dire hardiment dans tes folies.

Eh bien, que Dieu donne la sagesse à ceux qui l'ont, et que ceux qui sont fous fassent usage de leurs talens.

MARIE

Mais tu seras pendu pour être resté si long-temps absent, ou tout au moins renvoyé ; n'est-ce pas la même chose pour toi que d'être pendu ?

LE BOUFFON

Vraiment, une bonne pendaison pi'évient un mauvais mariage ^''°\ Et quant au malheur d'être renvoyé , l'été y pourvoira ^' ') .

MARIE

Tu es donc bien résolu ?

LE BOUFFON

Non pas; mais je suis résolu sur deux points.

MARIE

En sorte que si l'un manque , l'autre tiendra ; ou

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