ACTE II, SCÈNE I
d'amener le seigneur Bénédick et Béatrice, à avoir l'un pour l'autre une montagne d'amour ; je voudrais en faire un couple d'e'poux , et je ne doute pas d'achever ce mariage, si vous voulez bien tous les trois me prêter l'aide que je vous demanderai.
LÉOWATO.
Prince, comptez sur moi, dusse -je passer dix nuits dans l'insomnie.
CLAODIO.
Seigneur, j'en dis autant.
DON PÈDRE
Et vous aussi, aimable Héro?
HÉRO
J'accepte de bon coeur tout emploi décent pour procurer à ma cousine la main d'un ëpoux digne d'elle.
DON PÈDRE. ' t'^.-i V
Et des hommes que je connais , Bënédick n'est pas celui qui promet le moins; je puis lui donner cet éloge; il est d'un sang illustre, d'une valeur reconnue, d'une honnêteté à l'épreuve. Suivez mes leçons , et je vous donnerai le moyen de disposer votre cousine à recevoir de l'amour pour Bénédick; tandis que moi, soutenu de mes deux amis, je me charge d'opérer sur Bénédick. En dépit de son espi'it fier et de son goût blasé, je veux qu'il s'enflamme pour Béatrice. Si nous pouvons réussir, Cupidon cesse d'être l'archer par excellence : toute sa gloire nous appartiendra , comme aux seuls dieux de l'amour. Entrons tous, et je vous expliquerai mon projet.
^ Ils sortent. \