‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 259 sur 294 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

par la vue des monumens , des antiquités curieuses, qui donnent du renom à cette ville.

ANTONIO

Je vous demanderais de m'excuser. Je ne me promène point sans danger dans ces rues. Une fois , dans un combat de mer, j'ai rendu quelque service contre les galères du duc ; et un service vraiment si important , que , si j étais pris ici , j'aurais peine à me tirer d'af Faire.

SÉBASTIEN

Il y a apparence que vous avez tué beaucoup de

ses sujets.

ANTONIO

Mon offense n'est pas d'une nature si sanguinaire; quoique les circonstances et la querelle nous missent bien en droit d'en venir à cette extrémité sanglante. On aurait pu la l'éparer depuis en restituant ce que nous avions pris : et c'est ce que firent plusieurs citoyens de notre ville , pour l'intérêt du commerce : il n'y a eu que moi seul qui ai refusé de m'y prêter; et pour cela, si j'étais surpris ici, je le payerais cher.

SÉBASTIEN

Ne vous montrez donc pas ti'op dans les rues.

ANTONIO

Cela ne serait pas pi-udent à moi. Tenez, mon ami, voilà ma bourse : la meilleure auberge où vous puissiez loger, c'est à Y Eléphant , dans le faubourg du midi. Je vais y donner des ordres sur la manière dont nous voulons être traités , tandis que

vous amuserez votre loisir à voir la ville, et à nourrir votre science et votre curiosité.

SÉBASTIEN

Pourquoi votre bourse ?

ANTONIO

Peut-être vos yeux tomberont-ils sur quelque bagatelle qu'il vous prendra envie d'acheter ; et vos fonds , à ce que j'imagine , ne sont pas destines pour de frivoles emplettes.

SÉBASTIEN

Allez, je veux bien me charger d'être votre porte bourse, et je vous quitte pour une heure.

ANTONIO

A l'Éle'phant...

SÉBASTIEN

Je m'en souviens bien.

SCÈÎSE IV.

Le jardin d'Olivia.

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