‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 266 sur 294 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Est-il bien insultant?

SIR ANDRÉ

S'il l'est? Oh! je vous en réponds; lisez-le seulement.

SIR TOBIE

Donnez-moi. (Sir Tobie lit.) Jeune homme, qui que tu sois, tu n'es qu'un vil drôle.

FABIAN

Bien, courageux!

SIR TOBIE lisant.

JVe t' étonne pas, et ne £ émerveille pas dans tes pensées, pourquoi je te traite ainsi; car je ne t'en donnerai aucune raison,

FABIAN

Bonne note , qui vous met hors de la pi-ise de la loi.

SIR TOBIE lisant.

Tu viens chez la dame Olivia, et à mes jeux elle te fait un gracieux accueil ! Mais tu mens par ta bouche : ce n'est pas là la raison pourquoi je {appelle en duel.

FABIAN

Foi't laconique , et d'une bêtise exquise.

SIR TOBIE lisant.

Je te surprendrai en chemin, retournant chez toi, et là s'il {arrive de me tuer

Fort bien. - , ,^

SIR TOBIE, lisant.

Tu me tueras comme un lâche et un vaurien.

Toujours vous vous mettez au-dessus du vent de la loi. Cela est à merveille.

SIR TOBIE, lisant.

Porte-toi bien ; et que Dieu fasse merci à l'une de nos deux âmes ; il pourrait faire merci à la tienne mais mon espérance est meilleure, et ainsi songe à toi. Ton ami, selon que tu le traiteras, et ton ennemi jure'. Jndré Ague-Cheek.

Si cette lettre n'est pas capable de le mouvoir, ses jambes ne le pourront pas davantage. Je veux la lui remettre.

MARIE

Vous avez une belle occasion pour cela : il a maintenant un entretien avec madame , et il va partir incessamment.

SIR TOBIE

Allez, sir André; allez me l'e'pier au coin du verger, en vrai prévôt; du plus loin que tu l'apercevras, dégaine; et en tirant ton épée, jure à faire peur : car il arrive souvent qu'un effroyable serment , prononcé d'un accent insultant et d'une voix foudroyante , donne une preuve de courage plus imposante que ne pourrait jamais faire l'exploit même de la plus grande bravoure. — Allons, pars.

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