ACTE IV, SCÈNE
à l'hôtellerie de l'Eléphant : et cependant il y était ; et j'y ai trouvé ce rapport, qu'il avait parcouru toute la ville pour me chercher. Ses conseils seraient maintenant un trésor pour moi ; car quoique ma raison , d'accord avec mes sens , puisse conclure que tout ceci peut bien être une méprise , et non pas de la folie , cependant les hasards singuliei's et accumulés de cette aventure surpassent si fort tout exemple , tout raisonnement ordinaire , que je suis prêt à me défier de mes yeux, et à chercher querelle à ma raison , qui me persuade tout possible , hors une chose, que nous sommes fous moi ou la dame. Cependant si elle l'était, elle serait incapable de gouverner, comme elle fait, sa maison, de commander à ses gens, de prendre en main les affaires , et de les expédier avec cette suite , cette prudence , cette stabilité que je remarque dans toute sa conduite : il y a là-dessous quelque illusion. — Mais voici cette dame elle-même.
(Entre Olivia avec un prêtre. ;
Ne blâmez point cette précipitation de ma part. Si vos intentions sont honnêtes , suivez-moi à l'instant , et venez avec le saint ministre dans la chapelle voisine : là , en sa présence et sous ces lambris sacrés, engagez- moi la pleine assurance de votre foi , afin que mon âme inquiète et défiante puisse trouver le calme et la paix. Ce prêtre cachera notre union jusqu'au moment oti vous trouverez bon de la rendre publique ; et alors nous célébrerons nos
noces avec une solennité' cligne de ma naissance. —
Que répondez-vous ?
SÉBASTIEN
Je consens à suivre ce saint ministre , et à vous accompagner; et quand une fois je vous aurai jure' fidélité, ma fidélité sera éternelle.
OLIVIA
En ce cas, conduisez-nous, vénéi'able prêtre. — Et que le ciel éclaire d'une lumière propice l'acte que je vais accomplir.
( Ils sorlcDt tous trois.)