‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 35 sur 294 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

(Béatrice paraît.)

BÉATRICE

Contre mon gré , l'on me de'pute pour vous inviter à venir au festin.

BÉNÉDICK.

Airaable Béatrice, je vous remercie de la peine que vous daignez prendre.

BÉATRICE

Je n'ai pas pris plus de peine pour gagner ce reraercîment, que vous n'en venez de prendre à le faire. — S'il y avait eu quelque peine pour moi, je serais point venue.

BÉNEDICK.

Vous prenez donc quelque plaisir à vous acquitter du message ?

BÉATRICE

Oui, le plaisir que vous prendriez à égorger un oiseau avec la pointe d'un couteau. — Seigneur, vous. n'avez donc point d'appétit? Poi^tez-vous bien.

(Elle s'en va.)

Ah ! « Contre mon gré, l'on me députe pour vous » dire de venir au festin » Ces mots sont à double entente. « Je n'ai pas pris plus de peine pour gagner » ce remerciment, que vous n'en venez de prendre à )) me le faire. » C'est me dire en d'autres termes : » Toutes les peines que je prends pour vous sont aussi » faciles que des remercîmens. » — Si je n'ai pitié d'elle, je suis un misérable ; si je l'aime, je suis un juif. — Je veux aller me procurer son portrait.

(Il sort.) Fin DU SECOKD ACTE.

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