ACTE III, SCÈNE III
rencontrez le prince dans la nuit , vous pouvez l'arrêter.
VERGES
Non , par Notre-Dame ; quant à cela je ne crois pas qu'il le puisse.
Je gage dix shellings contre un , avec tout homme qui connaît les statues , qu'il le peut. Non pas, à la vëritë, sans que le prince y consente; car le guet ne doit offenser pei'sonne , et c'est faire offense à un homme , que de l'arrêter contre sa volonté.
VERGES
Par Notre-Dame , je crois que vous avez raison.
DOGBERRY.
Ha! ha! ha! Or ça, bonne nuit, messieurs; s'il survient quelque affaire un peu grave, appelez-moi. Prenez chacun l'avis de votre camarade et de votre propre tête; bonne nuit. — Venez, voisin.
SECOND WATCHMAN, à ses camarades.
Ainsi , compagnons, nous venons d'entendre notre devoir. Asseyons-nous ici sur ce banc près de l'église jusqu'à deux heures, et de là allons nous coucher.
DOGBERRY.
Encore un mot , honnête voisin. Je vous en prie , veillez à la porte du seigneur Léonato , car le mariage étant fixé à demain sans faute, il y a dans cette maison grand tumulte cette nuit. Adieu, soyez vigilans, je vous en conjure.
(Dogberry et Verges sortent.;
( Entrent Borachio et Conrade. )
BOKâCHIO.
Conrade , où es-tu ?
PREMIER WATCHMàN, Las à ses compagnons
Paix, ne bougez pas.
Conrade ! dis-je?
CONRADE, en lepoussant.
Ici. — Nous voici coude à coude.
BORACHIO.
Diantre, le coude me démangeait; je pensais bien qu'il s'ensuivrait quelque croûte.
CONRADE.
Je veux bien te devoir une réponse pour cç propos. Poursuis maintenant ton récit.
BORACHIO.
Mettons-nous à couvert sous ce toit ; il tombe une bruine froide : et là , en buveur plein de franchise , je te dirai tout.
SECOND W.ATCHMAN, à part.
Quelque trahison ! Restons coi, mes amis.
BORACHIO.
Tu sauras que don Juan m'a promis mille ducats.
CONRADE.
Est-il possible qu'aucune scélératesse soit si chère?
BORACHIO.
Demande plutôt comment il est possible qu'aucun scélérat soit si riche ! car lorsque le scélérat riche a