‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 9 sur 294 · ACTE I, SCÈNE I. aS · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. aS

mon chef l'arme du buffle ; qu'on fasse de moi un tableau grossier, et, en lettres aussi grosses que celles oii l'on écrit, ici bon cheval à louer, faites tracer sous ma ligure : Ici vous vojez Bénédick, T homme marié.

CLAUDIO

Si jamais cela t'arrive, tu seras fou à lier.

DON PÈDRE

Bon ! si Cupidon n'a pas encore épuise' son carquois dans Venise, il te fera bientôt trembler.

BÉ^'ÉDICK.

Je m'attends aussitôt à un tremblement de terre.

DDK PÈDRE.

Eh bien, temporisez d'heure en heure; mais cependant, seigneur Bénédick, entrez chez Léonato, rendez-lui mes civilités, et dites-lui que je ne manquerai point de me trouver au souper ; car il a fait de grands- préparatifs.

BÉDÉDICK.

J'ai presque tout ce qu'il me faut pour faire un tel message ; ainsi je vous recommande

CLAUDIO

A la garde de Dieu , daté de ma maison , si j'en avais une.

DON PÈDRE

Le six de juillet, votre féal ami , Bénédick.

BÉNÉDICK. ,

Ne raillez pas , ne raillez pas ; le cours de votre discours est souvent vêtu de simples franges dont

les fragmens sont très -légèrement faufiles; ainsi, avant de lancer de nouveau de vieux sarcasmes, examinez votre conscience; et là-dessus je prendrai

congé de vous.

( Bénédick sort. )

Mon prince , votre excelleiîce peut maintenant faire mon bonheur.

DON PEDRE.

C'est à toi d'instruire mon amitié; apprends-lui seulement comment elle peut te servir , et tu verras combien elle sera docile à retenir tout ce qui pourra faire ton bonheui^ quelque pénible que soit la leçon.

CLAUDIO

Léonato a-t-il des fils , mon seigneur ?

DON PÈDRE

Il n'a d'autre enfant que Héro. Elle est son unique héritière; vous sentez-vous du penchant pour elle, Claudio ?

CLAUDIO

Ah! seigneur, quand vous passâtes pour aller terminer cette guerre , je vis Héro ; mais je ne la vis alors que de l'oeil d'un soldat qui sentait naître un goût dans son coeur , et qui avait à remplir une tâche plus sérieuse que celle de changer ce goût en amour; à présent que je suis revenu ici, et que les pensées guerrières ont laissé mon coeur vacant , elles y sont remplacées par une foule de tendres désirs qui tous me vantent la beauté d'Héro et me disent que je l'aimais avant d'aller au combat.

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