‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 10 sur 294 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

DON PÈDRE

Te A'oilà bientôt amant parfait. Déjà tu fatigues l'oreille de ton confident dun volume de paroles. Si tu aimes Hëro, hé bien, aime-la. Je ferai les ouvertures auprès de cette belle et de son père , et tu l'obtiendras. N'est-ce pas dans ces vues que tu entames une si belle histoire.'*

CLAUDIO

Quel doux remède vous ofïi'ez à l'amour! A son premier aspect vous nommez son mal. De peur que mon penchant ne vous parût trop soudain , je me serais aidé d'un plus long entretien.

DOiN PEDRE.

Et pourquoi faut-il que le pont soit plus large que la rivière? Le meilleur titre pour demander, c'est la nécessité d'obtenir. Tout ce qui peut ici te servir est convenable, En deux mots, tu aimes, et je vais te donner le remède à cela. — Je sais qu'on nous apprête une fête cette nuit; j'emprunterai ton nom sous un déguisement, et je dirai à la belle Héro que je suis Claudio ; j'épancherai mon coeur dans son sein, je captiverai son oreille par l'éiiergie et l'ardeur de mon récit aiuoureux; ensuite je vais avissitôt en faire l'ouverture à son père; et pour conclusion, tu obtiens Héro. Allons de ce pas mettre ce plan en exécution .

(Ils sortent.)

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