ACTE I, SCÈNE I. i8i
donné pour compagnon des jeux de mon enfance : il n'est point de femme dont il ne soit digne; il m'achète plus que je ne vaux, de tout le prix cjue je lui coûte.
CYMBELINE
Quoi! as-tu perdu la raison?
IMOGÈNE
Peu s'en faut, seigneur : veuille le ciel m'en rendre l'usage! Oh ! que je voudrais être fille d'un simple paysan , et que Posthumus fût le fils du berger voisin.
( La reine paraît. )
CYMBELINE
Femme imprudente, je les ai trouvés encore en^ semble; vous n'avez pas suivi mes ordres, retirezvous avec elle, et l'enfermez.
LA REINE, àCymbeline,
J'implore votre patience. ( J Imogène. ) Calmezvous, ina chère fille, silence. — Bon souverain ^ laissez-nous seules, et cherchez dans votre raison quelque consolation pour vous-même.
CYMBELINE
Qu'elle languisse, et que chaque jour son sang se flétrisse, et que vieille avant le temps elle meure de ' sa folie !
(Ilsorl.) LA REINE, à Imogène. '
Allons, il faut que vous laissiez passer... ( Pisanio entre.) Voici votre serviteur. Eh bien, Pisanio, quelles nouvelles ?
,82 CYMBELINE