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un refuge dans le cloître d’Iona. Elle veut sans doute habiter ce saint asile comme une recluse jusqu’à ce que l’abbé apaise par sa médiation ces nouvelles querelles.
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Pendant que le château retentissuit des cris "'*■ <l’impatieuce et de colère du seigneur de Lorn , qui qui ne cessoit de demander son bouclier, son manteau , et d’appeler tous ses gens au nom de leur respect pour sa personne , Argentine s’adresse à Bruce avec une courtoisie mêlée d’une dignité sévère.
— Comte , dit-il , je consens encore à donner ce titre à Bruce quoiqu’il ait perdu ses titres et son nom depuis qu’il a pris les armes et s’est déclaré rebelle; comte ou vassal, n’importe... Tu t’es permis tout à l’heure des menaces qui regardoieut Argentine:., l’honneur m’oblige à t’en demander raison à toi-même. Nous n’avons pas besoin de nous dire que nos bras savent également | manier l’épée ; je requiers de toi une grâce qu’un guerrier peut exiger. Place ce gant sur ton cimier au premier combat où nous nous rencontrerons, * et je dirai , comme j’ai toujours dit, qu’égaré par l’ambition , tu n’as pa^ cessé d’être un noble che-
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— Et moi, répondit le prince, si j’avois la glorieuse épée d’Argentine, je regarderois comme une honte de la tirer du fourreau pour défendre un tyran; mais, quant à la demande que tu m’adresses, sois certain que dans tous les combats ¥ on verra flotter sur mon cimier le gage que me ; *■'- , remet ta main; si mes paroles irréfléchies ont ' , .< outragé ton honneur, il recevra une satisfaction
4» digne de l’offense. Aucun gant donné aux jours dé ma jeunesse par une belle ne fut aussi précieux à mon cœur que celui que je tiens de toi. Ainsi donc, noble ennemi, puisses-tu ne rencontrer que bonheur jusqu’au moment où nous nous reverrons, et alors... adviendra ce que le Ciel voudra.
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C’est ainsi qu’ils se séparèrent. . . Déjà les amis ^ de Lorn se retirent avec un murmure semblable aux sourds mugissements des vagues que repoussent les rochers de la plage. Chacun des chefs, suivi de ses vassaux, se rend à son château situé dans les montagnes, réfléchissant à l’incertitude •. des projets de l’homme. .
Cependant, par les ordres de Ronald, une
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double garde veilla sur les remparts d’Artornish.
tes portes furent soigneusement fermées par de triples barres de fer , des verroux et des chaînes. Le prince pria ensuite ses hôtes, avec courtoisie , de l’excuser de l’interruption de la fête , et leur offrit un asile sûr dans sa forteresse.
Les chefs et les chevaliers, précédés par des vassaux qui portent des torches, sont conduits aux lits qui leur ont été réservés. L’oraison du soir est dite, et déjà chacun cède à ce profond sommeil . qui verse sur les paupières fatiguées l’oubli d’un jour de travaux.
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Mais, bientôt réveillé, le monarque crie à Edward qui dort à côté de lui : — Lève-toi, mon frère. . . je viens d’entendre résonner une porte * secrète; une torche luit sur le plancher... Debout, Edward; debout, te dis -je; quelqu’un se glisse* vers nous comme un fantôme nocturne. . . Arrête. . . c’est notre hôte généreux.
Ronald s’approche suivi du chef de Dunvegan... .
’ L’un et l’autre fléchissent le genou devant Bruce . en signe de fidélité; ils lui offrent leurs épées et le saluent du nom de monarque légitime f d’Écosse. — O toi, qui es l’élu du Ciel, ajouta ; llonald , dis-moi si tu me pardonnes les erreurs de ma jeunesse ; les artifices des traîtres me dé-
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58 LF. LORD DIS ÎLES. '
tournèrent des sentiers du devoir , et j’osai lever
contre toi un fer rebelle... Mais, alors même que j’étois armé contre tes droits, je ne cessai jamais de rendre un sincère hommage à ta noble valeur.
— Hélas! ami, répondit Bruce, la faute en est à ces temps de malheur; moi -même, plus coupable que toi... — Il s’interrompit à ces mots, accablé par le remords de la défaite de Falkirk ; il pressa le lord des Iles contre son cœur et soupira amèrement.
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Les deux chevaliers lui offrent leurs armes et
leur influence pour reconquérir ses droits ; mais leurs avis doivent être mûrement pesés avant d’arborer la bannière des combats et de réunir de$ troupes; l’or de l’Angleterre et les intrigues. de? '• *Lorn avoient créé un grand nombre d’ennemis ’ au monarque malheureux. , % /'
Bruce déclara franchement ses hardis desseins à ses nouveaux sujets : — Après avoir passé l’hiver dans l’exil , je voulois , dit-il , me rendre au rivage de Carrick ; il me tardoit de voir le lieu de ma naissance et d’être témoin des banquets que donne Clifford dans mon château, dont il s’est déclaré. le seigneur. Mais je me dirigeai d’abord vers Arran, où le vaillant Lerinox me prépare des secourt.
CttAjST III. '
Une tempête est venue poursuivre nos navires et les disperser. Traversé dans mes projets, j’aurois été forcé de m’éloigner du but de mon voyage pour éviter une voile ennemie; cette sage inspiration qui maîtrise nos volontés nous a guidés dans le château d’un allié. —
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C. Torquil prit alors la parole : — La nécessité nous dit de nous hâter; un retard nous seroit funeste; nous devons presser notre souverain d’éviter les périls d’un siège. Altéré de vengeance, Lorn, avec toutes ses troupes, n’est que trop près des tours d’Artornish ; les vaisseaux légers de l’Angleterre sillonnent de leurs proues les ondes de la Clyde , prêts à partir au premier signal pour garder tous les détroits et surveiller tous les rivages. Avant que l’alarme soit donnée, notre prince doit se trouver eu sûreté dans les parages amis de Skye. .. Torquil sera son pilote et son guide.
— Non, brave chef, s’écria Ronald; j’accompagnerai moi - même notre monarque ; j’irai appeler aux armes les guerriers de Sleate; et toi, Torquil, sage dans les conseils, tu dirigeras leur bravoure et tu leur en imposeras par tes cheveux blancs.
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LE LORD DES ÎLES
— Si mes paroles sont trop légères dans la balance dit Tortpiil , cette épée la fera pencher pour nous, jr , .*•.>
— Ce projet me sourit, dit Bruce; cependant il seroit prudent qu’lsabelle fût chercher un*asile avec mon navire et mes gens sur les rivages hospitaliers d’Érin. Edward, tu iras avec elle pour distraire son inquiétude, pour la défendre au besoin, et rallier autour de toi nos amis dispersés.
On eût cru lire dans les yeux de Ronald que
cette résolution étoit loin de le satisfaire: mais
la plus grande promptitude fut adoptée pour l’exécution de ces plans; deux navires, secrètement équipés, sortirent de la baie, faisant voile de deux côtés différents, l’un vers la côte de Skye, et l’autre vers le rivage d’Érin.