‹ Œuvres complètes de sir Walter Scott. Tome premier soixantième Romans poétiquesChapitre 69 sur 124 · X XV · texte numérisé non relu

X XV

, Ce chant magique se perdit dans l’éloignement , comme si les sons s’étoient égarés dans les airs; cependant le chevalier poursuivoit hardiment sa route jusqu’à une salle splendide qui étinceloit de lumière, comme si tous les trésors du monde y étoient confusément entassés; car l’or, qui sur notre globe reste incorporé avec le sable ou avec une argile grossière, étoit là en lingots ou revêtd d’une empreinte royale. D’un autre côté, d'énormes barres d’argent perdoient leur éclat auprès du diamant, comme la lune pâlit à l’approche de l’aurore. Au milieu de ces richesses Roland aperçut quatre jeunes filles venues d’un climat lointain'; leur peau avoit cette couleur cuivrée qui rougit quelquefois un ciel d’orage ; leurs mains .portoient des corbeilles de palmier, et un tissu de coton enchaînoit leurs cheveux; leur taille étoit déliée, leur air timide , leurs yeux modestement baissés,

a54 LES FIANÇAILLES DE TRIF.RMAIH.

leurs bras croisés et leurs genoux fléchis; ce fut dans cette attitude qu’elles offrirent à Roland la possession de tout ce qui frappoit ses regards.

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