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, — Aimable chevalier, arrête toi un moment, dirent-elles; suspends ta route pénible tandis que nous rendrons à l’amour l’honîmage qui lui est dû* L’amour t’a fait triompher de la peur et de l’avarice : écoute-nous, guerrier, car nous sommes les esclaves de l’amour et tes amies.
— Nous n’avons point de trésors pour t’offrir à genoux, nous n’avons ni le courage ni la force de manier la zagaie et le javelot; cependant les amants ont donné à la beauté des lèvres de rubis et des dents de perles; ou si le danger te teiite davantage, les flatteurs le trouvent dans .nos yeux.
•* -Arrête-toi donc, aimable guerrier, arrête-toi jusqu’à ce que le soir usurpe le sceptre du jour; oh 1 arrête, arrête; viens sous ces berceaux; nous couronnerons tes cheveux de fleurs ; nous te servirons un banquet et des vins délicieux; nous te charmerons par des airs divins; tu seras témoin de nos danses jusqu’à ce que le plaisir cède à la langueur, et le jour à la nuit.
— Celle que tu aimeras le mieux te répétera l’air le plus doux , préparera ton lit de mousse, veillera
chant ni. ' * • ‘j 5g
à tes côtés et soutiendra là tête jusqu’à ce que'Ia nuit ait fui .devant le jour... Aimable? guerrier, veux- tu encore davantage? elle sera V esclave de l’amour et la tienne. \ .
Oh! ne blâmez pas trop sévèrement le héros de mes vers! Il n’avoit ni le temps ni le cœur de prendre un air stoïque ou de refuser franchement. Entouré de cette troupe de syrènes, il donne un baiser à celle qui lui sourit, serre la main d’une autre, leur parle à toutes avec (Jojlf ceur, mais s’échappe de leur cercle magique.
— Aimables beautés , dit-il , adieu, adieu; moh destin et ma fortune m’appellent.
Il dit , et disparoît à leurs yeux ; mais en s’éloignant il entendit leurs dernières paroles : ,.
— Fleur de courtoisie ^ adieu ; va dans ce Heu où le cœur palpite d’une émotion pure , et où la vertu sanctifie l’amour. * . . •
! ; De Vaux s’est éloigné sous des voûtes ruinées; dans des sentiers obscurs et tortueux dont il he' voit point l’issue, et qui deviennent plus embap-* rassés à chaque pas qu’il fait. Au lieu 'des rayons
uGo LFS FI ANC AILLES DK TIUFRMAIN.
joyeux du soleïl et de l'air Vital,, s’élèvent de
noires vapeurs qu’éclairent les sinistres tueurs d’une flamme souterraine, comme pour lui découvrir les fossés profonds et les lacs d’une onde bourbeuse qui l’environnent; mais sans lui indiquer le moyen d’éviter les dangers dont il est menacé. Ah! combien Roland eût préféré avoir à combattre les tigres , plutôt que de se trouver au ^milieu de ces scènes de désespoir et d’un nuage étouffant d’air empesté. On prétend même, et ce sont des bardes véridiques, on prétend que sa situation lui parut si périlleuse , qu’il regrettoit de ne s’ètre point arrêté dans le bocage avec une des filles complaisantes dé l’Asie, lorsqu’à quelque distance retentit une trompette sonore dont les accents joyeux furent suivis de ces paroles qui
sembloient l’encouragçr : < .
ÏTÏI II.
-r- Fils de l’honneur, toi que l’histoire réclà- ’ mera, songe à la récompense qui t’attend; méprise les ténèbres, la fatigue et le danger, c’est l’ambition qui te dit de monter.
. — Celui qui veut gravir la montagne doit -suivre un pénible sentier; il faut qu’il fasse tous ses efforts, c’est ainsi que les favoris de l’ambition parviennent. .. j-
- , ; J OHA,IIT III. , . . a6»
— - point eu arrière, quelque difficile
que soit ta roqtt; le caprice de,- la, fortune uè. souffre p«ts les délais,; saisis le. don qui t’est offert, le pouvoir d'ün roi, la gloire d’un vainqueur.
Le héros s’avance , et trouve un escalier qui conthut dans une tour. A peine a-t-il gravi quelques marches, qu’il sent un air plus frais, et qu’il revoit la lumière des deux; enfin il pénètre, dans une superbe salle décorée de trophées , où quatre vierges vêtues d’une .tunique de pourpre, avec une ceinture d’or paroissoient attendre un hôte royal.