‹ Œuvres complètes de sir Walter Scott. Tome premier soixantième Romans poétiquesChapitre 76 sur 124 · XXXVII. ‘ V · texte numérisé non relu

XXXVII. ‘ V

■Le chevalier, pendant qu’elle chantoit, étoit

parvenu dans un appartement où une plus molle . lumière s’insinuoit à travers des rideaux de pour- K pre. Telle est l’ombre adoucie que reçoit la colline, .quand les derniers rayons du' jour dorent son' éminence occidentale. Cet appartement sç*' duisoit les regards par les merveilles qui le décô-, roient; un art magique y avoit retracé avec leurs couleurs naturelles toutes les créatures vivantes : — toutes sembloient dormir; le lièvre dans son gîte, le cerf soùs la feuillée, l’aigle dans les airs .. entre la terre el le ciel. Mais quel tableau eut étç • capable de distraire les yeux de Roland quand il vit la fille d’Arthur sur son siège fatal.

264 LES FIANÇAILLES DE TRIF.HMAIN.

Le doute, la colère et la' terreur avoientabandonné son visage; elle avoit oubjié le jour du tour- . nui, car en dormant elle sourioit. Il sembloitquq^ se repentant de son arrêt, le magicien charmoit son long sommeil par des songes agréables.

\ XXXVIII. • ci- . ' •

Cette beauté virginale dont l’âge tenoit à la jeunesse et à l’enfance , ce, siège d’ivoire^ ce costume de chasseresse , ces bras et ces jambes nus attestent la vérité du récit de Lyulph. Le bord de ses vêtements est encore teint du sang de Vanoc, et ses doigts pressent le sceptre d’Arthur. Les tresses noires de sa chevelure tombent sur son sein de neige; la belle endormie avoit tant d’at- N traits, que De Vaux accusa son rêve mensonger de ne lui en avoir montré naguère que la moitié. Il demeura quelque temps immobile, croisa les br££, et puis les mains; tremblant dans les transports de sa joie, ne sachant comment détruire un charme qui duroit depuis dçs siècles ; et lorsque les paupières de Gyneth s’entr’ouvrirent lentement, il pensa avec crainte à ce que ses yeux alloient lui exprimer : — Saint Georges ! sainte Marie! pourra-t-elle me regarder avec douceur?

CHANT III

i xxxix.

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Le chevalier a’agfenouille ;il saisit la jolie main de GynetH, dont l’impression est si douce pour la siêtme et pour ses lèvres,.. Le sceptre tombe... L’éclair, brille ; le tonnerre grondé ; les tours et le donjon chancellent; le château s’écroule ; tous scs appartements enchantés s’évanouissent.,. Mais Sous l’abri des rochers mystérieux la princesse se trouve en •pureté. dans les bras de l’intrépide Roland. Elle est délivrée de toute influence magique , et rougit comme la rose qui Couvre au • retour de l’aurore. Le front du chevalier est ceint de la couronne de laurier qu’il avoit vue dans les mains de la druidesse. G’étoit tout ce qu’il resWit des richesses de ce château merveilleux, la couronne èt la jeune beauté. — •Mais quel chfevalieç demanda jamais d’autre récompense dé ses exploits*que celle de l'amour et de la gloire?

CONCLUSION

Ma Lilcy, quand la beauté' devient lé prix dq courage , la tâche du ménestrel est finie , tu le sais ;'Ce seroit trop exiger d’un poète' que de le forcer d’épûiser son sujet jusqu’à la lie. ajoutons,.

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