‹ Œuvres Completes de Sir Walter Scott, Vie de Napoleon Buonaparte (volume 2)Chapitre 2 sur 51 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

qu’elle accepta l’alliance de ce même conquérant , à la marche duquel elle avait voulu opposer une digue.

Parmi ces incidens d’un intérêt général , on doit rapporter la tentative que fit l’Angleterre pour arracher au gouvernement intrus de J oseph Buonaparte la Calabre, qui appartenait aux Bourbons de Naples. Le caractère des habitans de ce pays montagneux est bien connu : superstitieux et détestant le joug de l’étranger , comme tous les habitaiis d’un pays sauvage et presque sans lois ; irritables et toujours prêts à venger par le glaive leurs injures publiques ou privées ; excités aussi par l’appât du butin , et conservant une sorte d’attachement sauvage pour F erdinand , que ses habitudes avaient rendu populaire chez les Italiens, principalement panni les classes inférieures , les Calabrois furent facilement engagés à prendre les armes par les agens que la cour de Sicile envoyait pour les soulever. Ne reconnaissant point de lois , faisant la guerre avec cruauté , et incapables de s’assujettir à la discipline , les bandes qu’ils formaient entre eux pensaient et agissaient plutôt comme des bandits que comme des patriotes. Dans quelques occasions et individuellement. , ils montrèrent beaucoup de courage , et même une sorte d’habileté instinctive qui

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leur apprenait à choisir leurs embuscades , k défendre leurs défilés , et à faire ainsi une sorte de guerre de brigands dans laquelle les Français essuyèrent des pertes considérables. Toutefois, il était évident que, si des forces régulières ne venaient seconder leurs efforts , ces troupes insurrectionnelles seraient détruites en détail par la tactique des soldats français. Afin de prévenir leur ruine , et pour satisfaire en même temps aux désirs pressans de la cour de Païenne, sir John Stuart, qui commandait les troupes anglaises envoyées pour défendre la Sicile , prépara une expédition contre la côte voisine de l’Italie , et débarqua dans le golfe de Sainte - Euphémie , près des frontières de la Calabre ultérieure , au commencement de juin 1806, ayant avec lui un peu moins de cinq mille hommes.

Le débarquement était k peine effectué , lorsque le commandant anglais apprit que le général Reynier, qui était chargé par Joseph Buonaparte du soin de défendre la Calabre, avait rassemblé des forces presque égales aux siennes , et s’était porté sur Maida , ville située kdix milles environ de Sainte-Euphéinie , dans le dessein de lui livrer bataille. Sir John Stuart ne perdit point de temps , et courut au-devant de lui. Se fiant k sa cavalerie , k la valeur de ses

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