‹ Œuvres Completes de Sir Walter Scott, Vie de Napoleon Buonaparte (volume 2)Chapitre 51 sur 51 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Détails militaires. — Conscription ; — sa nature et ses effets;

— son inexorable rigueur ; — son influence sur la composition des troupes françaises. — Nouveau mode d'hostilités.

— Constitution des armées françaises. — Marches forcées.

— La Maraude ; — sa nature ; — ses effets , tant sur le pays ennemi que sur le soldat français lui-même. — Politique de Napoléon à l’égard de ses officiers et de ses soldats. — Le caractère du soldat français change pendant et après la révolution. — Causes de ce changement.

Nous avons fait voir que le système d’éducation adopté en France était dirigé de manière à tourner les pensées et les espérances de la jeunesse vers la vie militaire , et à la préparer à obéir aux appels de la conscription. Ce moyen de recruter la force militaire , le plus formidable qui ait été établi chez une nation civilisée, avait été originairement proposé au , Conseil des Cinq-Cents , en 1798. Une série de listes contenait les noms de tous les jeunes gens de l’empire, de l’âge de vingt à vingt -cinq ans , et le gouvernement était autorisé à les appeler successivement au nombre exigé par les besoins de l’État. Il y avait cinq classes : la première comprenait ceux qui avaient atteint vingt ans avant le commencement de l’année

Il8 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE, pour laquelle la conscription était demandée , et la même règle était appliquée aux quatre autres classes de ceux qui avaient atteint vingtun, vingt- deux, vingt-trois, vingt-quatre et . vingt-cinq ans ; cependant , par le fait , la seconde classe des conscrits n’était point appelée jusqu’à ce que la première fût sous les drapeaux, et il n’était pas d’usage d’appeler plus d’une classe dans le cours d’une année.

Comme la première classe produisait soixante ou quatre-vingt mille conscrits, une levée forcée et générale donnait au gouvernement d’immenses facilités , et c’était un impôt exorbitant pour le peuple.

Cette loi , sans doute , est fondée sur le principe du devoir qu’a chaque individu de servir son pays. Rien n’est plus vrai que tout homme en état de porter les armes est sujet à être employé pour la défense de l’État; et rien n’est plus politique que d’imposer d’abord cette obligation commune à la jeunesse , que la force et l’àge rendent plus propre au service militaire , et dont l’absence est d’un moindre inconvénient pour les affaires ordinaires du pays ; mais il est évident qu’une telle mesure ne saurait être excusée que dans une guerre défensive. Buonaparte , en appliquant ce système à des guerres éloignées , offensives , et qu’il ne trouvait né-

Page 1