CHAPITRE CXXXVIII
AMaat de valcar.
Trim ne se Dt pas attendre. — Monsieur, dit-il, en ouvrant la porte, sait sans doute le funeste accident qui est arrivé ?
— Oui , Trim , dit mon oncle, cl j’en suis bien chagrin.
— Et moi aussi , reprit Trim. Mais je me
flatte que monsieur ne pense pas qu’il y ait de ma faute.
— A loi?Trim, répondit mon oncle Tobie.
Non, sûrement. Ce n’est que la faute du vicaire et de Suzanne.
— Oh! oh! dit Trim. Ma’is que diable pouvaient-ils avoir à faire ensemble dans le boulingrin.
— Tu confonds, Trim, et tu prends le boulingrin pour l’appariement de ma sœur.Trim s’aperyutaisément qu’il avait pris le change. Une profonde révérence fulsa seule ré|)on.se, et l’instant de silence qu’il y cul, lui donna le temps de faire une réflexion fort sensée.
— Deux malheurs sont trop à la fuis, ditil en lui-mëme, pour qu’un en parle en même temps.
— La vache a porté le ravage dans nos fortifications : laissons là cet accident, n’en parlons pas, et voyons de quoi il s’agit ici.
Mon oncle Tobie , bien sûr que Trim se trompait, et confirmé dans celte opinion par la révérence qu’il lui avait faite, reprit bientôt son discours.
— Mon frère, dit-il, ne pense jamais comme les autres. Pour moi, je ne vois pas qu’il y ail une si grande dilférencc entre le nom de Tristram et celui de Trismégislc, et que mon neveu eût plus gagné au nom de 'frisniégiste qu’au nom de Tristram... En mon pai ticidier, cela m’est égal ; mais mon frère eu est si affligé , que je donnerais volontiers cent guinées pour réparer cette erreur.
— Moi, dit Trim, je ne donnerais pas une épingle.
7-Ni moi un cheveu, reprit mou oncle Tobie, si c’était pour mon propre compte ; mais, comme je le l’ai dit, mon frère n’enlcnd point raison là-dessus. Il prétend que les hasards de la vie dépendent presque toujours des noms de baptême. Hier encore, il me disait que, depuis le commencement du monde, il n’y avait pas eu une belle action que l’on pût attribuer à un homme qui se nomma Tristram. Il ajoutait qu'il était impossible, avec un pareil nom, d’être sage, bon, savant, brave.
— Vision que tout çà ! monsieur. Est-ce que je ne me battrais p.as aussi bien en portant le nom de Trim, que si j’eusse eu celui de César?
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TniSTRAH SHANDT.
— Pour moi, reprit mon oncle Tobie, je me serais appelé Alexandre, que je n'aurais pas mieux fait mon devoir à Kamur.
— Bon Dieu ! s'écria Trim , est-ce qu'on songe à son nom de baptême, lors()u'on marche à l'ennemi?
— Ou qu'on est dans la tranchée? dit fièrement mon oncle Tobie.
— Ou qu'on pénètre dans la brèche? dit Trim en se glissant entre deux chaises.
— Ou qu'on force une ligne ? dit mon oncle, en pou.ssant sa béquille en avant comme un esponton.
— Ou que l'on couche en joue un soldat ennemi?ditTrim,en tendant son bâton comme un fusil.
— Ou qu'on monte sur le glacis? s'écria mon oncle , en mettant le pied sur un tabouret.