‹ Œuvres completes de SterneChapitre 143 sur 507 · CHAPITRE CLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLV

Dialo^e.

Toutes ces scènes, où mon père avait eu beaucoup de part sans rien dire, avaient retenu son impatience sur ce qui l'intéressait lui-méme essentiellement.... Il attendait que Didius , qui en était prévenu , tournât l'attention de rassemblée de ce cdté-lù. La transition n’était pas aisée; mais il vaut quelquefois mieux passer brusquement d’une chose A l'autre, que d’y amener insensiblement les gens. C'est ce que fit Didius, et ce qu’il dit en fut plus frappant.

TRISTSAM SUANDT.

— Je n'cn doute point , g’écria-t-il ; si pareille méprise fût arrivée avant la réforme, le baptême aurait été déclaré nul. On en aurait fait un autre, et l'enfant se serait à la 6n trouvé nommé comme on aurait voulu.

Oui, je soutiens, continua-t-il, que si, par exemple, un préu*e eût nommé un enfant Crysogosmone in nomino patrim et filia et tpirilum lanclot, le baptême aurait été déclaré nul.

— Erreur ! dit Kysarebius. Dès que la méprise n’est que dans la terminaison, le baptême est bon et valable. Pour qu'il soit nul , il faut qu'élle tombe sur la première syllabe des mots, et non sur la dernière.

Mon père, qui aimait tontes ces subtilités, prêtait l’oreille la plus attentive à tout ce qu'on disait.

Le dialogue devint très-intéressant.

XTSARcnms.

Supposons que Gastriplières baptise un enfant , tn /tontine galrù, an lien d'in nomhte palrit.

niniDS.

Eh bien?

KTSARCHICS.

Sera-ce là un baptême?

nimus.

Pourquoi pas?

ETSAnCHICS.

Je dis moi que ce n'on est pas un. Tous les casuistes sont d’accord sur ee point.

Dîmes.

D' .accord?...

KYSABCHlrS.

Oui, d’accord. Ils donnent pour raison de leur opinion que la racine des mots est changée. J/omine ne signiGe poit nom ; galris ne signiGe point père.

— Que signiGent-ils donc? dit mon oncle Tobie.

— Rien , dit Yorick.

— Ergd, le baptême est nul, reprit Kysarchiiis.

• — Nul de toute nullité, ajouta Yorick.

KTSARCHICS.

Mais la chose ici estbien différente. Patron, au lieu de patris; filia , au lieu de filii, etc. Tout cela ne présente qu’une faute dans les I déclinaisons. Chaque mot reste intact. Les |

branches sont mal taillées à la vérité , mais la racine n’est point altérée, elle reste entière.

Dîmes.

Je l’avoue. Mais, au moins, faut-il que l’intention du prêtre soit claire.

KTSARCHICS.

D'accord.

DIDICS.

En ce cas , voyons si le vicaire...

KYSARCIlIUSy a*ec oa prn d'impaliearc.

Voyons! voyons!.... Nous n’avons rien a voir, si ce n’est les décrétales de Léon III.

— Eh! mon Dieu, messieurs, s’écria mon oncle Tobie, qu’est-ce que mon neveu à besoin de Léon III et de ses décrétales? On l’a nommé Tristram.il a été nommé ainsi, malgré Son père , malgré sa mère , malgré moi , et

— Oui !...ditKysarchius en interrompant mon oncle Tobie , la chose est ainsi? Il y a de la parenté mêlée. Cela change bien la question. Primà, Madame Shandy n’y pouvait donner sa voix...

A cette étrange proposition, mon oncle Tobie quitta sa pipe, et mon père s’approcha de l’orateur pour mieux entendre comment il la soutiendrait.

Kysarchius ne craignait pas les oreilles les plus attentives : il était ferré à glace. — Les plus fameux jurisconsultes, dit-il, ont mis pendant long-temps en question , ti ta mère était parente de set enfant.

— Et qui sont ces animaux-là? dit mon oncle Tobie.

— Swinburgn, de teslamentis, pag. 7. §. 8. dit Kysarchius; mais, apres un examen aussi réBéchi qu’impartial, continua Kysarebius, on a cnGn décidé que non. Cette décision , précédée de tous les pour et contre, se trouve dans Brook, tit. Administ. n' 47.

Mon onclé Tobie quitta de nouveau sa pipe avec précipitation. Mais mon père lui Gt signe de ne rien dire , et la conversation s’engagea de plus belle.

TEISTHAM

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