‹ Œuvres completes de SterneChapitre 206 sur 507 · I.» tcèac cbasge · texte numérisé non relu

I.» tcèac cbasge

C’est ainsi qu'un ou deux entretiens de ce genre avecTriinsur ladémolition de Dunkerque, entretiens cliarmans, mais trop courts, rapplèrent pour un moment à mon oncle Tobie le souvenir des plaisirs qu'il avait perdus.

Mais ce souvenir n'en était qu’une faible image. La magie avait disparu; et l'ame de mon oncle Tobie avait prdu son ressort.

La calme, aceompgné du silence, avait pénétré dans le cabinet solilairede mon oncle Tobie, ils avaient étendu leurs voiles de gaze sur sa tête ; et l’indifl’érence, au regard vague et à la fibre lâche, s'était assise tranquillement à scs côtés.

Son sang circulait lentement dans ses veines, sans que Amberg, et Rimbeig, et Limliourg, et Huis, et Uoun, pour une année, et Landen, et Trarebach, et Drusen , et Deudermonde, en perspective pour celle d’après, en accélérassent le mouvement. Les sapes , et les mines, et les blindes, et les gabions, et les palissades , u'éloignaient plus ce Im'1 ennemi de riiunimc, le rejios. En mangeant .son œuf à souper, mon oncle Tobie ne forçait plus les lignes françaises, d’où tant de fois ti-aversaut l'Oise, et voyant toute la l’icardie ouverte devant lui, il marchait aux portes de Paris, et s'endormait au sein de la gloire. Dans ses songes, il ne se voyait plus arborant l'étendard d’Angleterre sur les tours de la Bastille, et ne se réveillait plus la tète remplie de magnifiques iilées.

De plus douces rêveries, des vibrations plus chatouillantes, le berçaient molleiuenl dans ses instans de soinineil. lai trompette de la gnerri’ tombait de ses mains, l’n luth la remplaçait, l'n luth ! doux instrumeut ;

TRISTRAII SRANDT.

le plus ilélirnt, et le plus (liiricilc de tous! l'.li! comment en jouems-tu, mon oncle ToLic?

CHAPITRK CCXXVT. '

l>i»MrUlion nr l'tniMr.

Oui, je l'ai dit, je me le rappelle; je ne '.lis plus où, je ne sais plus <|uund. Mais il n’importe. Une ou deux fois avec mon cloiirdei'ie ordinaire, j’ai dit que si je trouvais jamais le temps de donner au publie l'histoire que l'on va lire des amours de mon onde ’l'obic et de la veuve Wadman, j’étais assuré que l'on y trouverait le système le plus complet qui ail jamais été donné au public, soit de la théorie, soit de la pratique de l’amour. J’ai dit de l'amour; et j’ajoute de la manière do faire l’amour.

Mais se serait-on imaginé de là que je donnerais uncdcGnilion précise de l’amour? ou que je déterminerais avec Plotin la part que Dieu et la part que le Diable peuvent y avoir?

Ou, par une équation plus exacte, en supposant que l’amour est comme dix, que j’en assignerais avec Ficinius six parties à l’un, et quatre a l’autre?

Ou que je déciderais avec Platon , qne de la tète U la queue le diable prend tout?

— Fi donc ! me dit Jenny, quel auteur ci- Ics-tu? Est-ce que Platon se connaissait en amour?

Aurait-on cru que je perdrais mon temps à examiner si l’amour est une maladie? Ott que je m’embrouillerais avec lUiazez et üioscoride , à rechercher s’il a son siège dans la cervelle ou dans le foie? ce qui me conduirait à l’examen de deux méthodes très-opposées pour le traitement de ceux qui en sont attaqués.

Une de ces méthodes est celle d’AuHius , qui commençait par des lavemens rafraichissans, composés de chènevis et de concombre pilés, qu’il faisait suivre par de légères émulsions de lis et de rmurpicr, auxquelles il ajoutait une prise de tabac, et, quand il osait s’y risquer, sa bague de topaze.

E’aittre méthode, qui est celle de Gordonius (chapitre 15 de nmorc), consiste à battre le malade jusqu’à ce qu’il tombe en pourriture : ad pulorem tuquè.

Insensé qui prétend concilier les systèmes de deux savans ! Mon père, qui était extrêmement versé dans les connaissances de ce genre, médita lnng-trm|)s et sans fruit sur les tniitemens proposés par Aœlius et Gordonius. Enfin, nu moyen d’une toile rirée et camphrée, qu’il substitua au bougran que le tailleur devait employer pour mon oncle Tobie dans la ceinture d’une culotte neuve, mon père obtint le même effet que voulait produire Gordonius, et d’une manière moins brutale.

On lira en leur temps les événemens qnl en résultèrent.

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