CHAPITRE CCXXXII
Je m'embirqae.
€ Cependant, dis-je, en regardant les côtes de France, il serait à propos qu’un homme connût son propre pays, avant d’aller chercher celui des autres. Or , je n’ai visité ni l’église de Rochesler, ni les chantiers do Chatham, ni Saint-Thomas de Canterbury, quoique tout cela se trouvât sur ma roule.
» Mais, à la vérité, je suis dans un cas particulier. »
Ainsi, sans autres réflexions, je sautai dans le paquebot; cncinq minutesnousfûmessous voile, et nous voguâmes comme le vent.
« — Dites-moi, capitaine, lui dis-je en entrant dans la cabine , est-il jamais arrivé à quelqu’un de mourir dans votre |>aquebot? »
• — Bon ! répliqua-t-il , on n’a seulement pas le temfis d’y être malade. »
M — Chien de menteur ! m’écriai-je, je suis déjà malade comme un cheval. Ou’csl-cececi? Aye! aye! tous mes vaisseaux sont rompus; le sang, la lymphe, le fluide nerveux, les sels fixes et volatils, tout est confondu pélc-inêlc.
Ron Dieu ! tout tourne autour de moi onmme cent mille tourbillons. Je ne sais plus ce que je veux dire.
t Aye, aye, aye, aye! capitaine, quand serons-nous à terre? Ces marins ont des cuMirs de roche. Oh ! je suis bien malade. Garçon, apporte-moi de l’eau chaude. — Madame, comment vous trouvez-vous? — Mal, monsieur, très-mal. Oh! très-mal. Je suis, je suis morte. — Est-ce la première fois? — Non , monsieur, c’est la seconde , la troisième , la sixième , la dixième, — Diable! Oh ! oh! quel tapage sur notre tète! Holà! garçon, qu’est-ce qui arrive? »
< Le vent ne cesse de tourner. La mer est grosse. Est-ce la mort? eh bien! je verrai comme elle est faite. Eh bien ! garçon? »
* Quel bonheur! le vent tourne encore.
Nous voilà dans le port. Oh ! le diable te tourne! »
— t Capitaine, dit la dame, pour l’amour de Dieu ! que je descende la première. >