‹ Œuvres completes de SterneChapitre 228 sur 507 · SPLEEN · texte numérisé non relu

SPLEEN

En partant de Chantilly, j'ai déclaré que le meilleur principe en voyageant était do faire diligence ; mais ceci est purement une affaire d'opinion , et je n’ai prétendu ramener personne à mon seiitiinenl. D’ailleurs, l'expérience me manquait alors, et je ne savais pas tous les inconvéniens qu’il y av.dt h

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aller si grand train. Aujourd'hui j'abandonne mon système , et le laisse à qui voudra le prendre. Il a dérangé ma digestion , et m'a valu une diarrhée bilieuse , qui m'a ramené au triste état d'où j'élais à peine sorti. C'est pour le coup que je décampe , et que je me sanve sur les bords de la Garonne.

Quant à ces gens-ci , à leur génie, leurs manières, leurs coutumes, leurs lois, leur religion, leur gouvernement, leurs manufactures, leur commerce, leurs linanccs, leurs ressources et les ressorts cachés qui les font mouvoir, quoique j'aie passé deux jours et trois nuits parmi eux , quoique j'aie étudié et médité cette matière avec toute l'attention dont je suis capable , n'attendez pas que je vous en dise un seul mot.

Allons, allons! 11 faut que je parte. La route est pavée, les postes sont courtes, les jours sont longs, il n'est pas plus de midi : je serai à Fontainebleau avant le roi.

Mais, monsieur, est-ce que le roi va à Fontainebleau? Pion- pas que je sache.

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