‹ Œuvres completes de SterneChapitre 229 sur 507 · CHAPITRE CCL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCL

Commeol m‘r preadrtF

S'il existe dans le monde une plainte absurde et ridicule , surtout dans 1a bouche d'un voyageur, c'est celle que j'entends faire tous les jours , que la poste ne va pas en France aussi vite qu'en Angleterre; taudis que, tout bien considéré, elle y va beaucoup plus vite. En effet , si l'on calcule la pesanteur des voitures françaises , avec l'énorme i|uantité des bagages dont on les charge dessus , devant et derrière , si l'on considère ensuite les petites haridelles qui les traînent, et le peu que ces haridelles ont à manger , il y a de quoi s'étonner que l'on avance de quelques pas.

Le traitement des chevaux en France est indigne d'un peuple chrétien; et pour moi, il m'est démontré qu'un cheval de poste de ce pays-là ne serait pas en état de faire un pas , sans la venu toute-puissante de deux mots énergiques , qu'on ne cesse de lui répéter avec une complaisance infatigable. Il

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trouve dans ces deux mots autant de substance que dans un picotin d’avoine. Enfin , c'est tine ressource précieuse , et une ressource qui ne coûte rien. C’est pour etda même que je meurs d’envie de l'apprendre au lecteur.

Mais c’est ici la question. Quand on donne une recette, clledoit être claire et intelligible; autrement elle est inutile. Et cependant, si je m’exprime trop au naturel , je m’expose à être déchiré à belles dents dans le public par ceux mêmes d’entre les gens d’église qui pourraient en avoir ri entre leurs rideaux.

Comment m’y prendre? C’est en vain que j’y songe. Mon imagination ne me fournit rien. Comment glisser sur la prononciation de deux mots si étranges? Comment les amener de manière à ce que le lecteur n’en perde rien, et de manière, en même temps, à ce que l'oreille la plus délicate n’en soit pas blessée?

Ma plamem'entralne, mon encre me brûle les doigts; je vais essayer. Et ensuite En-

suite ! je crains qu'il n'arrivc pis. Je crains que l’encre ne brûle le papier.

Mon. Je n’oserai jamais.

Mais si vous désirez de savoir comment l’abbesse des Andouillettes et une novice de son couvent se tirèrent d’afi'airc en semblable rencontre , promettez-moi seulement un peu d’indulgence, et je vous le raconterai sans le moindre scrupule.

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