‹ Œuvres completes de SterneChapitre 4 sur 507 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Ea ToiU l'efTct.

C'est à M. Tobie Shandy, mon oncle, que je dois l’anecdote que j’ai rapportée dans le premier chapitre. Mon père, qui était à la fois philosophe et naturaliste, autant qu’on peut l'être, et qui raisonnait avec beaucoup de justesse et de netteté, singulièrement sur les petites choses, s’était souvent plaint à lui de l’échec que j’avais reçu; et, dans une occasion, dont mon oncle ’fobie, qui avait bonne mémoire, se souvenait très -bien, il s'en plaignit plus amèrement qu’il n’avait jamais fait. C’était un jour que je fouettais ma toupie. La manière oblique dont je m’y prenais pour l'ajuster, et la façon dont je justifiais les principes qui me faisaient agir ainsi, le firent soupirer. Le bon vieillard remua la tête, et d'un ton qui exprimait plus de douleur et de regret que de reproches, il s’écria : t Ah! mon cher frère, je l’ai touc jours prédit. L’augure se vérifie do plus

TRISTHAM SIIAMDT.

I en pins ; et mille antres observations que j’ai • faites sur ce qui le regarde, m'ont annoncé

< qu'il ne penserait et n'agirait jamais comme

< les autres enfans. Mais, hélas ! > continuat-il, en agitant la tête une seconde fois, et en essuyant une larme qui coulait le long de sa joue, < les malheurs de mon Tristram ont c commencé neuf mois avant qu'il vint au

< monde. >

Ma mère, qui était là, leva les yeux, et ne comprit pas plus que sa chaise ce que mon père voulait dire. Mais mon oncle, M. Tohic Shandy, qui depuis long-temps savait toute l'alTairc, le comprit très-bien.

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