‹ Œuvres completes de SterneChapitre 400 sur 507 · LETTRE VIII · texte numérisé non relu

LETTRE VIII

A w c écuyer.

Coxwoald, le m jais 176s.

Burton vous a donc dit sérieusement et .avec un air lïiché, que je m’étais |iermis, à Bath , de jeter du ridicule sur mes amis les Irlandais, et qu’à la table de lady Lepe/ j’avais fait rire à leurs dépens une nombreuse compagnie? Rien n’est plus faux, je vous jure ; il faudrait me supposer un autre caractère pour me croire capable de cet excès d’ingratitude. Il n’est pas dans mon chapitre des possibilités de donner à Bnrlon une contenance grave, lui dont la physionomie toujours ouverte ne semble faite que pour exprimer le sourire d’un cœur honnête. Mon intention n’a jamais été de dire quelque chose d’impoli sur son compte. Je n’ai jamais connu personne dont les qualités fussent plus liantes, ni les inclinations plus généreuses. Il m’invita chez lui de la manière la plus gracieuse, car c’était de tout son cœur; et je lui soidiaiterais les trésors de Créstis, afin que sa libéralité pût sc mettre entièrement à son aise. Les heures les plus délicieuses de ma vie , je les ai passées avec lui et avec les belles femmes de son pays. Il faudrait être fou pour trouver quelque chose à redire en lui ou en elles. Là , j’ai vu la charmante veuve Moor, avec laquelle je voudrais passer le reste de

LETTEES.

mes jours , si les lois oe ni'ussignuient un i autre terrain. La jolie Corc, avec su belle taille et sa figure grecque : elle est née, j'en suis sûr, pour faire le bonheur d'un homme qui saura connaître le prix d'un cœur tendre. Je ne dois pas oublier une autre veuve, l'inlércssante madame Vetey, avec sa belle voix et ses cinquante autres perfections. Moi, les railler! c'est une chose qn'on ne peut ni dire, ni croire, parce quelle est fausse et invraisemblable. A la vérité, j'ai parlé d'elles pendant une heure , mais sans mêler à mes discours rien qui sentit l'épigramme ou le sarcasme. J'ai parle d'elles comme elles auraient pu désirer que j'en parlasse, le sourire sur les lèvres, l'éloge dans la bouche, la joie dans le cœur et le verre à la main . D'ailleurs, je suis moi-même leur compatriote : mon père a été longtemps en garnison en Irlande, avec son régiment ; et ma mère y était avec lui lorsqu’elle me mit au monde. Veuillez donc bien persuadera toutes ces bonnes gens qu'on m'a du moins mal entendu, car il est impossible que lady Barrymorc ait voulu me faire parler.

Si vous en tronvez l’ocrasion, lisez cette lettre à Buriun; assurez-le de mon estime et de mon respect le plus sincère, ainsi que toute son aimable société; et dites, en ma faveur, quelque chose de tendre et d'agréable à l'orciliedo mes jolies provinciales. Ne souffrez pas qu'elles nourrissent davantage un injuste ressentiment contre moi. Si jamais il vous arrive un malheur de cette nature, je saurai vous rendre la pareille.

Je vis ici dans tout le désœuvrement d'un cœur p.arfaitement libre. Je vous attendrai jusqu’au commencement du mois prochain:

si vous n’arrivez point, j'achèverai de passer l'été au chûteau de Crazy ou .à Scarbourough. Mais, dès le commencement d'octobre, toutù-fait au commencement, je me propose d'arriver dans la rue de Bond avec mes sermons, et après avoir tout arrangé pour leur publication; alors.... Oh ! je deviens fou de l'Italie, où vous feriez bien de m'accompagner. J'espère, toutefois, que dans cet intervalle j'aurai le plaisir de vous voirici. Cela vaut mieux, après tout, (pic d’étre aux eaux de Bristol à jouer le Siicphon avec i|uel-

I ques nymphes éthiques; mais faites comme il vous....

Je suis bien sincèrement votre, etc.

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