‹ Œuvres completes de SterneChapitre 416 sur 507 · I.KTTRES · texte numérisé non relu

I.KTTRES

crire In boniiu^ donl la tendresse pourra vous gudrir des maux de eœur et des inquiétudes sans nombre qui vous assailliront infailliblement sur le passage de la vie, je choisirais cette excellente et divine créature. Mon esprit de chevalerie errante lui a déjà dit qu’elle était ma Dulcinée; mais je déposerais bien volontiers mon armure. et je briserais ma lance pour faire votre ange conservateur de la dame de mes pensées.

ic crois n'avoir pas besoin de vous rappeler mon affection pour vous; il m’est j ustement venu quelques idées à votre sujet, qui m’ont tenu éveillé la nuit dernière, lorsque j’aurais dû être enseveli dans un profond sommeil; mais je me réserve de vous les communiquer au coin de mon feu , on du vûtre, et je voudrais bien ce soir vous avoir auprès du mien. Je ne crois pas de ma vie avoir rien désiré aussi ardemment.

Au nom de la fortune , dites-moi donc, je vous prie, ce qui peut vous retenir à cinquante lieues de la capitale, dans un temps où, pour votre propre intérêt, j’aurais un si grand besoin de vous?

Je vous entends vous écrier : Qu’est-ce que tout cela siguiOe? Je vous vois presque déterminé à jeter ma lettre au feu, parce que vous n’aurez pu y trouver le nom de la belle. Mon bon ami, je suis parfaitement en règle sur cet article ; carvous pouvez être sûr que mon intention n'a jamais été de confier son nom à cette feuille de papier. Je vous ai parlé de la divinité; le reste vous le trouverez inscrit sur l’autel.

Je ne fus jamais plus sérieux que je le suis dans ce moment-ci ; prenez donc bien vite la poste pour vous rendre dans cette ville: j’en serai parti si vous n’arrivez bientêt, et alors je ne sais ce que deviendront toutes les bonnes intentions que j’ai maintenant pour vous; à la vérité, je ne crains pas d’en manquer dans le temps futur; car, dans tous les événemens, dans toutes les circonstances , et partout,

Je suis très-cordialement et très-affectueusement votre, etc.

LET'l’RE XXX.

Vendredi.

Peut-être, mon cher ami , c’est pour vous le temps de chanter, et je m’en réjouisï mais ce n’est pas pour moi celui de danser.

Vous reconnaîtrez à la manière donl cette lettre est écrite, que si je figure dans ce genre, ce doit être à la danse d'ihlbein.

Depuis ma dernière lettre, un autre vaisseau s’est brisé dans ma poitrine, et j’ai perdu assez de sang pour abattre l’homme le plus robuste : il est donc plus facile d’imaginer que de décrire ce que cette révolution a produit sur mon individu décharné et fianqiié de toutes sortes d’infirmités: En ell'et, ce n’est qu’avec peine et seulement dans quelques intervalles de repos, qu’il m’est possible de traîner ma plume. Sans le grand empressement de mes esprits, qui m’aident pour quelques minutes de leur précieux mécanisme , il n’cùt pas été en mon pouvoir de vous remercier du tout ; je ne puis cependant le faire comme je le devrais, pour vos quatre lettres restées si longtemps sans réponse, et notamment pour la dernière.

J’ai réellement cru, mon bon ami, .jue je n’aurais plus le plaisir de vous voir. Le hideux squelette de la mort semblait avoir pris son poste au pied de mon lit, et je n’avais pas le courage de m’en moquer comme je l’ai fait jusqu’ici : je baissais donc patiemment la tête, sans la moindre espérance de la relever jamais de dessus mon oreiller.

Mais, de manière ou d’autre, la mort a, je crois, pour le moment, changé de visée, et j’espère que nous pourrons encore nous embrasser une fois. La seule chose que je puisse ajouter, c’est que tant que je vivrai, je serai toujours

Votre très-affectionné, etc.

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