‹ Œuvres completes de SterneChapitre 42 sur 507 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

Hrëliidv.

Voilà le caporal Trim qui entre chargé de Stévinus. Il était trop tard. La matière s’était épuisée sans lui; il y avait un autre siijctsur le tapis. — Trim, dit mon oncle Tobie en remuant la tête, tu peux remporter le livre.

— Pourquoi ? dit mon père. Trim, eontinua-t-il en badinant, regarde auparavant si tu n'apercevrais pas quelque chose qui eût l'air d'un chariot à voiles.

Trim avait appris à obéir au service , et sans faire la moindre observation, il pose le livre sur une table et se met à le feuilleter.

— Je n'y trouve rien , dit le caporal ; cependant je veux m’en assurer. Le voilà aussitôt qui prend les deux ais de la couverture du livre, lesjoint l'un contre l'autre, et laisse les feuilles suspendues. Il donne une secousse.

— Oh! oh! s'écria-t-il, voilà quelque chose qui en est sorti; mais cela ne ressemble pas à un chariot.

THISTRAM SBAKDT.

— C’csl lin p.ipi('r, dit mon p^rc en souriant; vois nn peu ce que c’est. Trim sc baisse , ramasse le papier, il jette un coup d’oeil, et dit ifu’il eroit que c’est un sermon. Un sermon ! ma foi ! oui. Du moins, c’en a-til bien l'air. Ça commence tout juste comme un sermon.

— Je ne conçois pas, dit mon oncle, comment il est possible qu’un sermon ait pu se foun'crdans mon Stévinus.

— Je ne sais pas non plus, dit Trim ; mais ce n’en est pas moins un sermon ; et pour preuve, si monsieur le veiit,j’en lirai quelque chose. Il faut noter que Trim aimait autant à s’entendre lire, qu’à s’entendre parler.

— Moi, je le veux bien, Trim, dit mon ourle.

— Et moi, dit mon père, j’ai toujours une forte inclination pour vouloir approfondir les choses qui me traversent par des fatalités aussi extraordinaires que celles-ci. Obadiah n’est point encore de retour, et nous n’avons rien à faire. — Parbleu ! frère ! pourvu que le docteur y consente, dites à Trim de nous en lire quelques pages. Il parait avoir bonne volonté, et s'il est aussi capable.

— Aussi capable !..... dit Trim, j’ai servi de clerc pendant deux campagnes a l’aumAuier de notre régiment.

— Je peux vous certifier, ajouta mon oncle Tobie, qu’il le lira aussi bien que moi. Trim était le soldat le plus savant qu’il y eût dans ma compagnie, et il aurait eu la première hallebarde, s’il n’avait malheureusement pas été blessé.

Trim , flatté de ce que disait son maître, mit la main sur sa poitrine, et lui fit une profonde inclination. Puis mettant son chapeau sur le parquet, et prenant le sermon de la main gauche, pour avoir la droite, il avance avec assurance au milieu de la cliambre, afin de mieux voir scs auditeurs, et d'en être mieux vu.

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