TRISTRAM SUA^DT
f phèle Nathan vienne lui en peindre toutes
< les horreurs. Jusqu'à ee moenent il n'en
< avait pas fait voir le moindre repentir.
« Telle est donc la conscience. Ce monit teur, autrefois si fidèle, si surveillant, et
< que l’Etre suprême a placé en nous comme
< unjuge aussi terrible qu'équitable; hélas! il I ne prend si souvent qu'une connaissance € imparfaite de ce qui s'y passe, il essuie f tant de contradictions et d'obstacles, il
< s'acquitte des devoirs qui lui sont prescrits
• avec tant de négligence, et quelquefois
• avec tant d'infidélité, qu'il n’est pas pos-
< sible de se fier à lui seul. Il faut de né- € cessité, et de nécessité absolue, lui asso-
• cier un autre principe qui puisse le secou-
< rir dans ses décisions.
€ Et voici ce qui est de la dernière im-
< portance pour vous. Le malheur le plus « terrible qui puisse vous arriver, est de vous t égarer, de vous jeter dans l’erreur à cet
• égard... Philosophes impies! frémissez... ■ songez qu’il n’est qu’un seul moyen de se
• former un jugement sûr du mérite réel I qu’on peut avoir en qualité d’honnête f homme, de citoyen utile, de sujet fidèle à t son roi, et de serviteur zélé de la Divi- « nité. C’est d’appeler la religion et la mof raie au secours de la conscience ; c'est de
< voir ce qui est écrit dans la loi de Dieu ; f c’est de consulter la raison et les obliga-
• tions invariables de la vérité et de la justice.
« La conscience se guide-t-clle sur ces
• rapports?... Si votre cœur alors ne vous «condamne point, vous serez dans le cas f que l’apôtre suppose. Vous aurez raison
< de croire que la règle est infaillible
(Le sommeil qui avait déjà jeté du sable dans les yeux du docteur Slop , le gagna ici toutà-fait, et il s’endormit profondément.) • Oui,
< vous aurez alors confiaucc en Dieu ; vous « croirez que le jugement que vous venez « de porter sur vous-même est celui de Dieu, « et que ce n’est qu’une anticipation de cette « juste sentence que l’Etre suprême, à qui « vous devez compte de toutes vos actions , « portera lui-même un jour sur votre con- I duitc.
« C’est alors qu’on peut s’écrier avec l'ati-
< teur du livre de l’Ecclésiastc : Heureux
« l’homme à qui sa conscience ne reproche
< point une multitude de péchés !... Heureux « l'homme dont le cœur ne le condamne « point ! Pauvre ou riche , il sera toujours « gai; son visage riant annoncera la joie de
• son ame , et son esprit lui dira plus de
• choses que sept sentinelles qui seraient au
< haut d’une tour... >
— (Une tour, dit mon oncle ïobie, est bien peu de chose, si elle n’est pas flanquée.) 1 11 résoudra ses doutes , le conduira dans
• les sentiers obscurs infiniment mieux que « Icspliis habiles casuistes.Lescas, les rcstric- « tions des jurisconsultes lui paraîtront des « choses simples et unies. Les lois humaines, « en effet, ne sont pas des lois originaires « et primitives; elles n’ont été introduites
< que par la nécessité , et pour nous défen- « dre des entreprises nuisibles de ces con- « sciences perverses, qui ne se font pas de
• loi par elles-mêmes. Elles ne prescrivent « de règles, que dans les cas où les principes « et les remords de la conscience ne sont pas « assez forts pour nous rendre équitables... « Elles apprennent aux scélérats qu’ils doi- « vent être justes par la terreur des stip- « plices. •