CHAPITRE LXXXI
Elle c»t renvcra^c.
Tout cela était fort beau. Mais mon père, qui voyait généralement toutes les choses de ce monde avec d’autres yeux que le reste du genre humain, ne voulait p:is convenir que ce précieux morceau fût un ouvrage original. Il savait que Justinien, dans le déclin de l’empire, avait chargé Tribonicn de rassembler toutes les lois romaines dans uncode, de peur qu’à travers la rouille des temps, et la fatalité de toutes choses, elles ne passassent à la postérité que par une tradition incertaine. A la 6n, tout se déguise, se falsiGc, s’al ■ tère, se perd. Cette crainte, .selon lui, avait agité quelque souverain pontife scrupuleux qui, à l’imitation de Justinien, chargea Er-
TIUSTHAH SUANDY.
nul plie (le faire, sur les anathèmes, les mêmes recherches que l'infatigable ïribonicn avait faites sur les lois des Romains, et d'en faire, comme lui, des espèces de pandectet et d'inslilules. Epars çà et là, et peut-être déjà défigurés et estropiés par la corruption du langage, cette collection était tout aussi nécessaireque cclicqui cause aujourd'hui l'cnrouement de tant d'avocats, et l'assoupissement involontaire de tant de juges.
Fondé sur cette raison , mon père aurait juré lui-méme cent fois que, depuis le jurement épouvantable que Guillaume-le-Conquérant faisait, par la splendeur de Dieu, il n'y en avait pas un, à descendre jusqu'au jurement le plus vil d'un boucur, qui ne se trouvât dans Ernulphc. Ils y sont tous, disait-il, Ulléralement ; et, s'ils n'y sont pas littéralement, ils y sont au moins par analogie, par relation, par conséquence... ce qui revient au même.
Cette idée de mon père culbute la mienne, et je n'ai rien à dire.