Coll. Colbert, t. VI, p. i
SUR Théophile. Ixxxv
ce procès fut une des grosses affaires du temps. En mai 1620 eut lieu la fameuse ambassade de Buckiugbam. Il intercéda pour le poëte. Enfin, malgré les efforts de ses ennemis, un arrêt du i"^^ septembre 1620 ^ mit a néant les défauts, contumaces et jugements donnés contre Théophile, et, pour réparation des cas mentionnés au procès, le bannit à perpétuité du royaume , lui enjoignit de garder son ban à peine d'être pendu et étranglé, et déclara tous ses biens confisqués Le 10 septembre, quinze jours de répit lui furent accordés. Uuant à l'argent, aux deux chevaux et à l'équipage que réclamoit le poëte, il n'en fut pas question . Ce bannissement prouve deux choses: le désir qu'avoient les jésuites d'étouffer l'injure du P. Voisin , et aussi , il faut bien le dire , la mauvaise opinion que Messieurs gardèrent de Théophile. Quant à la durée de ce procès, elle nous semble s'expliquer par la confrontation de Sajot. C'est alors que Théophile fut épié dans son cachot, et sollicité à pécher contre Dieu etconire samajesté.Exfedit unum hominem mari pro populo.
A l'époque de l'arrêt définitif, le duc de Montmorency faisoille siège de l'île de lié. La guerre avoit recommencé entre les réformés et les troupes royales. Paul, 1g frère du poëte, resté fidèle à sa religion, avoit été pris dans un combat contre le duc d'Elbeuf par des personnes qui connoissoieut Théophile. Paul de Viau avoit été trouvé au milieu des cadavres, couvert de sang et de poussière, dépouillé de ses armes. Il fut mis en liberté moyennant rançon. Son frère lui écrivit pour l'exhorter à quitter le parti. Les chefs n'avoient d'autre religion que celle de leurs intérêts, et il subissoit la croyance de sa nourrice et de ses précepteurs. Paul de Viau s'étoit montré dévoué à son frère pendant sa captivité.
Il s'agissoit de ruiner La Rochelle, et Théophile suivit le duc de Montmorency, qui, sans doute, étoit ro-»